RDC-Présidence de la CENI : les forces politiques s’immiscent dans la nomination des animateurs pour la conquête du pouvoir  

La CENI lors de la proclamation provisoire des résultats des élections présidentielles de décembre 2018

Le débat est chaud dans la capitale congolaise entre huit confessions religieuses appelées à présenter un candidat unique pour la coordination de nouveaux animateurs de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI. Jusque là, les tractations n’ont pas encore produit de résultats escomptés. Le professeur d’universités Roger Mwanawavene explique pourquoi l’on peut noter une intrusion des forces politiques dans ce processus.

Cette question a été au centre des émissions de débat politique sur les antennes de Radio Moto Butembo-Beni. L’un des invités était le professeur d’universités Roger Mwanawavene, enseignant à l’Université Catholique du Graben. Cet expert en questions électorales explique pourquoi l’on peut noter une intrusion des forces politiques dans ce processus.

« A partir des années 1990, la structure électorale est devenue un des enjeux importants, non seulement en matières de conquête, mais aussi de conservation du pouvoir. Dans nos systèmes politiques Africains, on n’organise pas les élections pour les perdre. Lorsque un chef de l’Etat, ou un système politique en vigueur accepte que l’on aille aux élections, cela signifierait que cette autorité serait déjà rassurée d’avoir implanté une administration électorale qui lui soit acquise. Mais aussi il y a une autre commission qui aurait une coloration juridique mais hautement stratégique. C’est entre autres aussi la cour constitutionnelle. Ces institutions là, bien que devant être autonomes ou indépendantes jouent un grand rôle », a-t-il expliqué.

Un défi pour les confessions religieuses

D’après lui, le fait que le choix revienne à huit confessions religieuses jouissant d’un même degré de considération est conflictogène.

« Les petites confessions religieuses se liguent facilement comme pour contrebalancer celles qui ont plus d’emprise sur les populations congolaises. C’est un germe déjà de conflit. Les unes peuvent être noyautées par le monde politique au détriment des autres. Pour en sortir, moi je crois qu’il faut beaucoup plus une reforme, non seulement du système électoral congolais, mais aussi de la loi sur l’organisation et le fonctionnement, voir la nomination des animateurs. Une confession religieuse, par exemple, qui a déjà 40 pourcents de chrétiens, ne peut pas peser sur le même pied d’égalité qu’une secte qui n’a que un pourcent de croyants », a-t-il analysé.

A la question de savoir si un catholique peut avoir la chance de devenir Président de la CENI dans ce contexte de méfiance latente entre l’Eglise et des acteurs politiques au pouvoir, le professeur Mwanawavene n’exclut rien. « C’est un peu difficile parce que chaque confession religieuse a droit à une voix. Carrément, les six ou les sept peuvent se coaliser contre le candidat de la CENCO », s’est-il désolé.

A ce sujet, la Conférence épiscopale nationale du Congo insiste sur la dignité des différents candidats afin de mener à bien les prochaines élections.

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