Butembo-Post Ebola : des habitants de Wayene s’approprient les bonnes pratiques hygiéniques

Déclaration de la fin de la dixième épidémie d’Ebola à l’est de la RDC jeudi 25 juin 2020. La nouvelle est reçue avec satisfaction dans plusieurs quartiers de la ville de Butembo. A Wayene, l’un des coins les plus touchés par cette épidémie, des prestataires de la santé et les habitants ont acquis des nouvelles pratiques pour préserver la bonne santé.

« Que Dieu soit loué. C’est sa grâce qui nous suffit. Nous les humains, en nous seuls, nous ne pouvons rien. Actuellement, le corps, en tout cas nous nous sentons très bien. Tous les enfants sont joyeux. En tout cas, c’est question de se protéger, qu’on ne soit exposé en aucune saleté. On se lave désormais les mains à tout moment », a lancé cet habitant à coté de qui l’autre animé par le soulagement ajoute « tu reviens de la toilette, laves-toi les mains. Ne mange pas le beignet de l’autre sans te laver les mains ».

Kavira Siherya, infirmière titulaire adjointe du centre de santé Wayene se rappelle comment cette épidémie s’est mêlée à un contexte particulier d’insécurité grandissante dans la région.

En date du 23 mars 2019, un bâtiment de ce centre de santé a même été brulé avec tout le matériel et médicaments à l’intérieur.

Des nouvelles pratiques dans l’exercice de leur métier ont tout de même été acquises.

« Avant, on recevait tous les malades sans trier ceux qui sont suspects. Mais actuellement, personne ne peut plus passer dans la structure sans être passé à la salle de triage. Avant, on soignait sans l’apport des équipements individuels de protection. Actuellement, tout a changé », reconnait-elle.

Des leaders communautaires remis en question

De son coté, Kakule Kaseghese Flavien, chef de quartier, mentionne que plus de 80 ménages ont été affectés par cette maladie. Des foyers ont été vidés par leurs occupants victimes de la cruauté de ce fléau. Pendant ce temps de résistance populaire, des jeunes ont en fin compris tardivement que ça valait la peine de s’approprier les mesures de protection.

« J’ai un mauvais souvenir avec Ebola. Nous avons été menacé et par Ebola et par les jeunes. Il suffisait de parler d’Ebola pour être ennemi de la population. Mais heureusement, avec la sensibilisation, la population a fini par accepter que la maladie existe », a-t-il confié.

De cette épidémie déclarée finie le 25 juin 2020, la population de Wayene aura acquis une expérience de plus dans la prévention contre la pandémie à Coronavirus qui crée encore plus de victimes que Ebola. Le chef de Wayene salue l’engagement des prestataires de la santé qui ont enduré ce moment difficile pendant lequel la population considérait les infirmiers comme les tueurs en gage.

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