Nord-Kivu : les infirmiers de la zone de santé de Beni menacent d’entrer en grève sèche jusqu’au 24 août 2020

Les infirmiers de la zone de santé de Beni passent du service minimum à une grève sèche, possiblement à partir de mercredi 29 juillet 2020 ou dans 48 heures. Ce, plus de 48 heures après que les autorités n’ont pas bien répondu à leurs désidératas.

Après l’assassinat de leur collègue Kambale Sivasima Joseph, la nuit du 21 au 22 juillet 2020, à son domicile à Beni-Paida, les infirmiers de Beni disent ne pas voir clair dans le traitement du dossier lié à cet assassinat. De l’évaluation du déroulement du procès, il se constate obscurités et contradictions entre ceux qui comparaissent et le refus de présenter deux suspects cités par les trois prévenus à la barre depuis mercredi 22 juillet 2020.

Un nouveau mémorandum de l’ordre des infirmiers de Beni a été remis, dans ce sens, aux autorités de Beni, ce mardi 28 juillet 2020. Son contenu a été lu devant le maire ad interim de Beni par un des infirmiers de l’ordre des infirmiers de Beni.

« Nous sommes mécontents de la nom mise en exécution des ordres du tribunal exigeant la présentation de deux suspects cités par les trois prévenus. Le ministère public s’est contredit dans ce sens en disant : après avoir entendu des soupçons autour de l’un des suspects, nous l’avons auditionné et nous savons où il peut se trouver… Tantôt il est à l’hôpital avec son enfant, mais ce matin, il nous dira que c’est un humain, il peut s’enfouir», peut-on lire dans le mémo des infirmiers.

Et se référant à leur mémorandum de mercredi 22 juillet 2020 promettant des actions de grande envergure, si les autorités ne répondent pas à leurs revendications, les infirmiers de Beni déclarent Beni sans hôpital, dès ce 29 juillet. Ils indiquent qu’une nouvelle évaluation de cette situation adviendra le 24 août 2020 après une autre audience prévue ce jour.

En rappel, des audiences  publiques foraines en flagrance du Tribunal militaire de garnison de Beni-Butembo dans le dossier de l’assassinat de Kambale Sivasima ont été ouvertes mercredi 22 juillet 2020. Depuis, trois prévenus, à savoir deux militaires et un civil, comparaissent. Ils étaient encore à la barre lundi 27 juillet. Ce jour, ils ont reconnu avoir pris entièrement part au crime deux fois de suite pour les uns et une fois pour le prévenu Kuryanga pour un marché de cinq mille dollars américains promis par un tiers. C’est cet auteur intellectuel qui serait souhaité devant la justice par les infirmiers de Beni, puisque plusieurs fois cité par les prévenus comme co-auteur.

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