Butembo : les déguerpis de Rughenda chargent le commandant de la police de plus de 15 griefs

Des habitants de Rughenda protestant contre un déguerpissement

La nouvelle manifestation des habitants du quartier Rughenda a vécu ce mercredi 28 octobre 2020. Il s’agit des perdants dans le dossier Mboko et victimes de nombreuses interventions de déguerpissement et de démolition des maisons dans le passé. Les manifestants chargent le Commissaire Supérieur Principal de la PNC-Butembo de plusieurs griefs dans ce dossier.

A partir de 10 heures, femmes et hommes, jeunes et vieux sont partis de leurs cellules. Sifflotant et chantant les chansons pour la paix, ils ont constitué deux files pour marcher pacifiquement dans les rues de Butembo avant d’aller communiquer à l’autorité urbaine la motivation de leur manifestation.

Ces vulnérables de Rughenda étaient porteurs des calicots sur lesquels ils font remarquer qu’ils sont devenus « victimes des tracasseries policières ». Sur d’autres banderoles, l’on pouvait lire « Butembo n’est pas à détruire ou à vendre sous prétexte des jugements sans fondement », « Stop au terrorisme policier », « Rughenda n’est pas un champ de bataille », « A qui profite les destructions des maisons à Rughenda ».

C’est vers 11 heures 30 minutes, au point de chute, l’hôtel de ville de Butembo, que les manifestants ont présenté à l’autorité urbaine leur mémorandum ayant comme objet « Dénonciation de la témérité policière ». A ce moment, la mairie s’est presque arrêtée. Des agents et fonctionnaires de l’Etat ainsi que quelques curieux ont écouté le message des manifestants. Un message qui charge le Commissaire Supérieur Principal de la PNC-Butembo de plusieurs griefs, vu que, selon les auteurs, l’officier de la PNC pèche contre l’article 16 de la Constitution qui, en résumé, appelle à la protection de la personne humaine par l’Etat et au respect de la dignité humaine.

« Nous, victimes des déguerpissements et démolitions des maisons au quartier Rughenda, sommes persuadés que le commandant PNC Butembo trempe dans des infractions ci-après : troubles à l’ordre public, injure publique  en taxant la communauté locale de tribale, détournement des éléments de la police de leur mission régalienne, rébellion, arrestation arbitraire, association de groupe de malfaiteurs, organisation d’un mouvement insurrectionnel, corruption et détention des biens mal acquis, insubordination à l’autorité civile locale et provinciale, insoumission à l’autorité judiciaire locale et provinciale, incitation des militaires et dissipation des minutions de guerre, destruction méchante, viol et vol à main armée, terrorisme et meurtre », ont-t-il chargé.

« La police, un frein dans la recherche des solutions »

Par ces griefs constitués des faits d’insécurité détaillés et justifiés dans le mémorandum, les manifestants pensent que le Commandant ville de la PNC-Butembo est à la base de l’échec de la tentative de décrocher des solutions à la crise déclenchée par le dossier Mboko.

C’est pourquoi les victimes des déguerpissements et démolitions des maisons au quartier Rughenda sollicitent l’implication des autorités compétentes afin de réduire la capacité de nuisance de tout amplificateur de la crise consécutive au jugement rendu dans le dossier Mboko. Un jugement opaque, selon les manifestants.

Ainsi, plaident-ils pour des enquêtes en vue de vérifier les faits cités et en déduire les conséquences. Si rien n’est fait, la crainte est de voir l’indiscipline des éléments de la police dégénérer à Rughenda, voir ce quartier être champ de bataille entre population et police ou entre police et éléments des FARDC, avertissent les manifestants de ce mercredi.

Le message des manifestants a été reçu par le chef de division unique à la mairie de Butembo. Katsuva Terya Awite a réagi par appeler tous à la prière pour que Dieu décourage les malfaiteurs. Il les a également faits espérer que le dossier trouvera solution. Katsuva Terya Awite a promis communiquer le contenu du mémorandum au président du Conseil de sécurité du Nord-Kivu, destinataire du message.

La police ne fait que sécuriser !

En réaction, le Commissaire Supérieur Principal de la PNC-Butembo mentionne que le rôle de la police ne consiste qu’à sécuriser les greffiers qui font le déguerpissement. Pour lui, la présence de la police ne devrait pas frustrer la population.

« Mes amis, seul un voleur a peur de la présence des policiers. Seul un malfrat a peur de la présence des policiers. Vous savez le problème de Mutitiro, de Rughenda, c’est parce que les gens n’aiment pas la vérité. Est- ce que c’est la police qui juge ? Est-ce que la police qui est parmi les opposants de Monsieur Mboko ? Non. Les gens qui sont en train de faire le bruit là-bas, les gens qui font des mémos, je vous dis qu’ils le font parce qu’ils ont envie de détruire seulement », a lancé le colonel Richard Mbambi avant d’ajouter « je ne suis ni magistrat, ni avocat, et encore moins juge. Tous les procès dans toutes les instances, Mboko a gagné ses procès». Et de lancer “Le porte-parole est en train de faire du bruit contre mon nom parce que je ne suis pas Nande”.

Patrick Kalungwana & Visesa Louangel

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