Butembo : ces toilettes scolaires qui contraignent les usagers à déféquer hors cadre

Des toilettes qui laissent à désirer et dont l’état actuel contraint les usagers à aller déféquer ou uriner hors cadre et normes se trouvent dans les enceintes de l’école primaire Kavaghendi. Radio Moto Butembo-Beni les a ainsi découvertes, ce mercredi 18 novembre 2020, en marge de la journée mondiale des toilettes, célébrée chaque 19 novembre. L’inspection au service urbain de l’environnement demande aux chefs d’établissements scolaires d’intensifier l’éducation à l’hygiène et assainissement dans le chef des apprenants en commençant par la mobilisation du personnel chargé de la propreté des lieux d’aisance.

Il s’agit des « WC », dont les périphéries de lunettes sont jonchées, la plupart, des excréments et le pavement de flaques d’urines qui débordent, souvent, vers l’extérieur, avons-nous constaté, pendant la récréation. Conséquences, des odeurs nauséabondes y sont exhalées.

Celles-ci chassent les usagers qui se fabriquent, sans crainte de l’impudicité, des lieux de soulagement en dehors des toilettes en plein air, dans la cour scolaire ou sous les arbres situés près du ruisseau qui borde cette école.

On salit les toilettes jusqu’au dessus. Il y a beaucoup de microbes, même si nous y allons chaque jour. On balaye, mais en vain. Ça sent mal. Regarde cette fille qui urine dehors, ça ne nous plaît pas. Ce n’est pas intelligent ça. C’est surtout l’habitude des filles. Elles ont peur de la saleté de leurs toilettes. Pourtant c’est elles mêmes qui les salissent », lance cet apprenant.

Le danger loin d’être évité

Abordé au sujet de cette situation, hors micro, les agents de la direction de l’école primaire Kavaghendi ont déclaré en être conscients. Ils ont justifié cette insalubrité des toilettes par la population nombreuse des usagers.

« Au total, 32 lunettes pour environs mille 500 écoliers de l’école primaire Kavaghendi. A ceux-ci, il faut ajouter les apprenants des instituts Mupo et Kalemba ainsi que de l’école primaire Nyamusigha qui utilisent les mêmes toilettes. La situation ne devrait qu’être telle », consent le directeur adjoint de l’école primaire Kavaghendi.

Sans avoir une solution rapide actuelle, cette autorité scolaire préconise que son école et les établissements scolaires qui l’environnent mutualisent des moyens afin d’ériger d’autres toilettes. Ainsi, l’insuffisance des toilettes, qui parait être un grand défi, pourra être palliée, sensibilise notre source.

Pendant ce temps, les autorités scolaires obligent à chaque apprenant de se nettoyer les mains après les toilettes. Question de se protéger contre « les maladies des mains salles », a rassuré le directeur adjoint de l’école primaire Kavaghendi. L’instruction est presque de pratique, selon notre constat. Presque, parce que le risque reste permanent, les différentes écoles citées ne disposant pas de dispositifs de lavage des mains qui puissent être au bénéfice de tous les élèves et écoles.

Il n’y a pas que les écoles

A la même occasion, l’inspection au service urbain de l’environnement critique également les conditions que présentent les toilettes à Butembo, du moins dans des lieux publics et sensibles, tels les écoles.

D’un point de vue général, les toilettes sont moins hygiéniques et deviennent des endroits à haut risque de propagation des épidémies, a déclaré Vunoka Charles, inspecteur urbain au service urbain de l’environnent à Butembo. Selon lui, cette insalubrité tire sa source dans le non-respect de construction et d’usage des toilettes.

D’où sa conclusion affirmant qu’il est insolite de déclarer qu’une école à Butembo est modèle en ce qui concerne la disposition des toilettes saines et hygiéniques.

« Après le recrutement d’un grand effectif d’apprenants, il est rare qu’une école s’attèle à la propreté des latrines. La loi recommande que 15 usagers usent d’une seule lunette. Et ces 15 usagers devraient être de même sexe. Mais rare une école qui suit ce modèle », se désole-t-il.

On peut sauver la situation

Comme piste de solution, l’inspecteur  en environnement Vunoka Charles demande aux chefs d’établissement scolaires d’intensifier l’éducation à l’hygiène et assainissement, surtout dans le chef des apprenants. Cela commence par la mobilisation du personnel chargé de la propreté des lieux d’aisance.

« De la manière dont les gestionnaires d’écoles donnent une importance capitale à l’éducation des apprenants en recrutant un personnel qualifié, de la même manière, il faudrait qu’ils songent à recruter un personnel compétent pour la propriété des latrines et des cours scolaires. Ainsi, à partir de l’école, l’élève pourra apprendre à séparer les déchets et à bien utiliser les latrines », conseille-t-il.

La propriété des toilettes dans les milieux scolaires vaut aussi pour les toilettes localisées dans les parkings, stades, marchés et tout autre lieu très public, recommande-t-il.

Patient Akilimali & Patrick Kalungwana

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