Insécurité à l’Est de la RDC : l’Evêque de Butembo-Beni favorable à la légitime-défense

L’Evêque du diocèse de Butembo-Beni continue de s’insurger contre les massacres des civils à l’Est de la République Démocratique du Congo. Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech s’est de nouveau prononcé à ce sujet avec Radio Moto Butembo-Beni lundi 04 janvier 2021. L’ordinaire du lieu sensibilise sur la légitime défense, ce moyen qui aiderait à stopper les massacres continuels des civils à Beni.

Au cours de l’interview avec Radio Moto Butembo-Beni,  Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech note que l’option de la légitime-défense ne demande pas qu’il y ait une catéchèse particulière. Pour lui, l’agressé se doit d’utiliser les moyens et les énergies à sa disposition pour se défendre contre l’agresseur.

« C’est spontané, on n’a même pas besoin de… Je pourrais dire qu’il pas d’enseignement pour ça. Lorsque vous êtes agressé qu’est-ce que vous faites-vous essayez de vous… C’est ça la légitime défense, vous n’avez même pas le temps d’aller chercher je ne sais pas quoi, vous utilisez les énergies que vous avez. C’est tout à fait différent de ce qu’on appelle prise en charge. Il faut être beaucoup plus conscient. Par exemple devant un danger qui est permanent, pourquoi ne pas prendre des dispositions peut être. S’il faut se mettre à l’écart, il faut se mettre à l’écart. N’attendez pas qu’on vienne vous tuer dans votre maison alors que vous auriez peut être pu, en voyant l’imminence d’un danger, vous écarter tout petit peu », a-t-il conseillé.

Une autoprise en charge sans armes

Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech pense que les habitants doivent pousser loin dans le cadre de l’autoprise en charge sans prendre les armes.

« La prise en charge, ça exige plus de solidarité, c’est être capable d’être attentif. Dans un quartier, c’est de savoir qu’il peut y avoir dans la communauté quelqu’un qui est complice du mal qui nous arrive. C’est d’avoir le courage de lui dire ça, ça existe dans nos coutumes non. Dans les villages quand on dit « eriyo lwima », on dit à quelqu’un qu’on soupçonne quelque chose sur lui et si c’est vrai il va arrêter de lui-même. Il n’est pas question d’utiliser les outils, les armes contre l’ennemi. Ça, c’est interdit,  prendre des armes », a mis en garde l’ordinaire du lieu.

Pour rappel, c’est depuis octobre 2014 que les massacres ont pris une allure inquiétante en ville et territoire de Beni. La société civile avance que plus de 4 mille personnes ont déjà péri dans ces massacres. L’Evêque de Butembo-Beni a toujours dénoncé ce qu’il appelle « impuissance nationale » face à ces tueries. Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech s’affiche aussi indigné des promesses des autorités qui renouvellent au quotidien leur engagement de pacifier Beni. Entre temps, « on ne doit pas croiser les bras pour attendre qu’on soit tué », sensibilise le Pasteur de l’Eglise de Butembo-Beni.

Patient Akilimali

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