RDC : la CENCO liste les difficultés qui guettent la gratuité de l’enseignement de base

La Conférence Episcopale Nationale du Congo, CENCO s’est exprimé au sujet de la gratuité de l’enseignement de base en RDC. Le secrétaire général de la CENCO qui était en conférence de presse à Kinshasa mercredi 13 janvier 2021 dénonce un processus qui expose un déficit de leadership caractérisé par l’absence de vision et de budgétisation. Les Pasteurs de l’Eglise universelle formulent ainsi des propositions et recommandations qui visent à stabiliser ce secteur désormais à la base de plusieurs irrégularités.

Dans sa note de la conférence de presse parvenue ce mercredi à Radio Moto Butembo-Beni, l’abbé Donatien Nshole a démontré que comme toute réforme de grande envergure, la mise en œuvre de la gratuité a connu quelques difficultés. « Malheureusement cette situation a été politisée au point qu’une certaine opinion accusait l’Eglise catholique de travailler contre la décision du Chef de l’Etat », déplore-t-il avant d’enchainer « 97,2%, soit 12.263 écoles primaires recourent à leurs frais de fonctionnement pour soutenir  les NU et NP. Chacun reçoit mensuellement entre 10.000 et 50.000 FC selon les milieux. Les parents ne paient rien ».

Le secrétaire général de la CENCO a listé les difficultés qui guettent la gratuité de l’enseignement. C’est par exemple l’absence des infrastructures pour accueillir les nombreux enfants que la gratuité a amenés à l’école ; la démotivation des enseignants NU, NP et les autres mécontents de leur traitement, l’insuffisance des frais de fonctionnement des bureaux gestionnaires et des écoles; le non-respect du programme généralement non achevé à cause des absences des enseignants ; le délabrement avancé des infrastructures scolaires faute des frais d’entretien conséquents ; le manque d’imprimés, de matériels didactiques et des manuels scolaires. « Toutes les difficultés énoncées ci-dessus concourent inévitablement à la baisse sévère de la qualité de l’enseignement », interpelle la CENCO.

Ces propositions de la CENCO

La CENCO propose de revisiter la création des provinces éducationnelles et des Bureaux Gestionnaires budgétivores de manière à les réduire si possible en tenant compte  de la proximité ainsi que de la disponibilité financière ; de procéder au paiement de tous les enseignants NU trouvés en poste au moment de l’annonce de la gratuité ; de réformer en profondeur le SECOPE pour garantir la traçabilité et la transparence dans la gestion des fonds mis à sa disposition par le Trésor Public pour la paie des enseignants et revoir le contrat avec les institutions financières chargées de la paie des enseignants ; de revoir la rémunération des enseignants en tenant compte du coût de la vie, d’augmenter les frais de fonctionnement des écoles et des Bureaux Gestionnaires ; de soutenir la gratuité par des financements alternatifs de l’éducation à travers des taxes et des impôts au bénéfice de l’éducation, des apports de financements du secteur privé gérés de manière transparente par des commissions tenues par les parties prenantes et les partenaires éducatifs.

« Les Ecoles Conventionnées Catholiques ne se sont pas comportées de manière à saboter la disposition constitutionnelle de la gratuité de l’enseignement de base. Elles ont essayé de trouver, désespéramment, des solutions locales face aux problèmes non résolus par le Ministère de tutelle au point de cautionner certaines injustices pour sauver la politique de la gratuité, notamment la ponction des frais de fonctionnement déjà modiques et le fait de faire travailler les élèves pour l’autofinancement. Comment un enseignant peut-il vivre  avec 10.000 FC, soit 5 $ mensuellement ? », s’interroge le secrétaire général de la CENCO.

Et d’enchainer « Notre vœu est que la nouvelle gouvernance que le peuple congolais attend impatiemment se penche d’urgence sur ce dossier car dans les conditions actuelles, la gratuité  de l’enseignement risque de se transformer en une bombe qui compromettra l’avenir de nos enfants et détruira davantage notre pays ».

Patient Akilimali

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