Butembo : à 25 ans, un étudiant encadre 21 jeunes dans son salon de coiffure universelle

Des jeunes s’investissent de plus en plus dans l’entrepreneuriat en ville de Butembo dans la province du Nord-Kivu. Kamate Bienfait est le nom de ce jeune professionnel de 25 ans et étudiant en première année de graduat à l’ISP/Muhangi qui s’applique à la coiffure universelle. Le surnommé « Cardinal King » qui supporte caprices et rouages des clients se réjouit d’encadrer d’autres jeunes pour lutter contre le chômage.

« Le talent est un don de Dieu. Quand on le reçoit, il faut le manifester avec honnêteté en faveur des membres de la communauté », argumente  ce jeune talent coiffeur.

Radio Moto Butembo-Beni l’a rencontré, mardi 19 janvier 2021, en plein travail dans son salon de coiffure connu sous le nom de « La Fraternité ». Ce salon qui accueille, presque chaque 5 minutes de nouveaux clients, est situé en cellule Katali du quartier Vutsundo dans la commune Kimemi à Butembo.

Dans cette cellule de 8 mètres sur 4, muraillé par des miroirs, Kamate Bienfait Cardinal King encadre, depuis 5 ans, 21 autres jeunes filles et garçons en coiffure universelle.

« La coiffure universelle veut dire la coiffure mixte : homme et femme. Moi je me spécialise en massage et en make up. Nous traitons surtout les femmes, nous leur offrons toute sorte de maquillage le service de tressage, plaquage, la manucure et la pédicure », explique Kamate Bienfait.

Des roses, oui, mais pas sans épines…

Avec son équipe, cet encadrant coiffeur au salon La Fraternité travaille de 8 heures à 20 heures avec des matériels actionnés par un courant électrique d’un générateur. Ainsi, quotidiennement, vise-t-il la lutte contre la délinquance juvénile. Au travers de cette lutte, Cardinal King déclare également être bénéficiaire de plusieurs avantages. « La paie des frais académiques, une moto pour le déplacement », énumère-t-il en insistant sur les relations sociales avec les clients.

La vie étant un relief des hauts et des bas, Kamate Bienfait Cardinal King déclare que sa profession ne lui fait pas que de bonheur. Il y a aussi des difficultés auxquelles il se heurte. Le jeune talent coiffeur cite notamment la ruse de certains clients qui ne paient pas comme convenu après que service leur a été rendu. « Au lieu de payer par exemple 10 mille francs congolais pour le plantage d’une mèche à une fille, celle-ci donne 3 mille. Pour compenser le reste, elle demande que je fasse ce que je veux. Comment comprendre ça. Ces genres de clients découragent et on ne les reçoit plus à l’avenir », lance-t-il.

L’encadrant coiffeur Kamate Bienfait veut plutôt que les nécessiteux de la coiffure et des maquillages divorcent d’avec la négligence des jeunes qui se recherchent un revenu vital. A d’autres jeunes, l’artiste coiffeur recommande d’aimer le travail, car, reconnait-il, le travail anoblit l’homme.  Dans un futur proche, Kamate Bienfait Cardinal King rêve de devenir écrivain dramaturge après ses diplômes à l’ISP/Muhangi.

Patrick Kalungwana

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