Goma : Par peur de perdre leurs biens, certains habitants boudent l’appel à l’évacuation  

En dépit du message du gouverneur militaire du Nord-Kivu à exiger l’évacuation de la population dans certains quartiers de la ville de Goma au Nord-Kivu, plusieurs habitants demeurent toujours chez eux. Pourtant, l’autorité souhaite que ces habitants puissent se prévenir des dangers liés à une probable éruption volcanique ou ses effets. Contactés par RADIOMOTO.NET jeudi 27 mai 2021, des habitants avancent plusieurs raisons.

Ils sont nombreux ces hommes et femmes qui ne veulent pas partir de Goma. Pour certains habitants boycottant l’appel de l’autorité provinciale, les autorités veulent par cet ordre, laisser un champ libre aux bandits cambrioleurs des maisons, pour dévaliser le peu qui leur est resté après l’éruption, par grâce de Dieu.

« Comment le Gouverneur peut prétendre que les agents de sécurité seront  mis en contribution pour sécuriser nos biens, alors qu’ils sont eux-mêmes touchables par les effets du volcan que nous craignons tous », s’interroge Hatekimana Bora, la quarantaine.

Pour les autres, aller à Sake tout comme à Rutshuru ou au Rwanda sans garantie pour la sécurité de ses enfants, c’est jouer à un parent irresponsable, pense pour sa part, Marguerite Nyota, la trentaine, mère de 4 enfants.

« Nous avons compris que ces autorités ne nous aiment pas, car il est incompréhensible qu’elles continuent de nous distraire après que nous avons perdu les nôtres sous leur regard impuissant », indique Erick Micthombero, habitant de Mabanga Nord, l’un des quartiers concernés par l’évacuation.

Le risque toujours permanent

Intox, rumeurs,  panique et psychose… ont été les amis très proches de la pauvre population de Goma depuis la nuit du mercredi 26 à ce jeudi 27 mai 2021 juste après l’annonce par le gouverneur militaire du Nord-Kivu, du plan d’évacuation des habitants des quartiers Majengo, Bujovu, Mapendo, Mabanga Nord et Sud. Selon l’esprit de cette annonce lue à la télévision nationale sous station Goma, la lave Volcanique est toujours en pleine activité dans les profondeurs des zones surbattues et habitées.

« D’un moment à l’autre, elle peut déboucher par n’importe quel endroit de la ville, ou encore un gaz asphyxiant susceptibles  de provoquer incendie et asphyxie ou provoquer une explosion; si une fois entré en contact avec le gaz méthane du lac Kivu », soutient le communiqué du Gouverneur militaire.

Depuis le début du drame éruptif du volcan Nyiragongo, les autorités sont pointées et critiquées pour la raison de n’avoir pas alerté les habitants sur la probable éruption volcanique d’un côté, et pour n’avoir pas suffisamment communiqué sur cette situation dramatique, ou encore, pour avoir géré avec témérité le plan de contingence et ou d’évacuation, d’autres parts.

Samedi 22 mai dernier, la septième éruption volcanique du Nyiragongo après celle des années 1800 a causé d’énormes dégâts. Au moins 32 morts sont déjà déplorés dans différentes circonstances liées à cette éruption. Cette dernière a ravagé une partie du territoire de Nyiragongo et laissé plusieurs citoyens sans aucun bien ni maison d’habitation.

John Tsongo

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