Nord-Kivu : Plusieurs familles restées sans abri après l’éruption du Nyiragongo

La question autour de « qui construira les maisons des sinistrés », demeure encore une préoccupation majeure des victimes du volcan Nyiragongo dans le Nord-Kivu. Des victimes ont bon reçu des dons en vivres, mais n’ont pas où dormir. Sans espoir de reconstruire très vite leurs maisons, les sinistrés endurent le calvaire dans les familles d’accueil.

Du tour de la région effectué par RADIOMOTO.NET samedi 19 juin dernier, plusieurs familles restent toujours hébergées chez leurs amis et connaissances, pendant que les autres vivent encore dans des écoles, qui pourtant accueillent des élèves et écoliers pour les cours. Akengene Pascazine est mère de 6 enfants. Depuis son retour de Sake où elle avait trouvé refuge juste après l’éruption, elle reste logée chez le chef de son quartier, où elle passe nuit au salon avec ses enfants.

« En fouillant, nous avions pris la direction de Sake. Mon mari nous y avait rejoints plus tard, comme nous avions évacué à son absence. A notre retour, nous avons retrouvé notre maison consumée. C’est un voisin à nous, chef de quartier d’ailleurs ; qui nous offert une hospitalité chez lui. Nous sommes d’ailleurs toujours chez lui, et c’est bien lui qui nous prend intégralement en charge : en nourritures et autres. Actuellement nous recevons des dons en vivres certes, mais nous ne savons qui nous construira nos maisons calcinées. Ce qui m’a le plus chagriné à mon retour de Sake, c’est avoir trouvé ma maison calcinée. Actuellement nous passons nuit au salon, et tout cela nous dérange», explique-t-elle.

Cette souffrance n’est qu’une continuité de celle vécue à Sake, où l’accès à la nourriture, l’eau et les toilettes, était plus qu’un problème. Comme si ce n’était pas tout, Pascazine avait déjà égaré 3 de ses enfants, lors de son déplacement pour Sake. Elle ne les a retrouvés qu’à son retour, après des longs moments de désespoirs.

« Deux d’entre mes enfants sont tombés malades. C’est beaucoup plus ce bébé qui m’a embarrassé. Il a contracté une diarrhée. La gestion des enfants ne m’a pas été facile. Je suis partie avec 6 enfants, mais arrivée à Sake, je n’étais plus qu’avec 3. Je les ai retrouvés à Birere, un peu plus tard après mon retour », se rappelle-t-elle.

Cette souffrance semble s’effaçant petit à petit de sa mémoire, la question de « où vivre » reste pour Pascazine, d’ambleur et non négligeable. Même si un camp destiné à accueillir ces sinistrés est en construction à Kanyaruchinya tel qu’annoncé par le gouvernement, les semaines post-éruption ; les sinistrés concernés restent toujours sans savoir ce qui évolue autour cette histoire.

Cela fera déjà un mois ce mardi 22 juin, que le volcan Nyiragongo entrait en éruption samedi 22 mai, en laissant à son passage, d’incalculables dégâts tant humains que matériels ; et dont les séquelles tardent à disparaitre.

John Tsongo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.