Beni : Des habitants vident leurs ménages dans plusieurs villages du Graben

Des déplacés en plein crépitement des balles dans le secteur Ruwenzori. Ph. Radio Moto Butembo-Beni

Les habitants des villages situés dans le Graben, en chefferie de Bashu, dans le territoire de Beni, ne savent plus à qui se vouer pour vivre la paix et la sécurité, ces jours-ci. Kisunga, Ngerere, Kanyihunga, Lisasa et environs se vident progressivement de leurs occupants, faute de sécurité. Contacté ce vendredi 25 juin par RADIOMOTO.NET, le porte-parole des opérations Sokola I rassure sur le souci de l’armée à sécuriser la région.

Depuis bientôt un mois, les habitants de ces entités du territoire de Beni témoignent des malheurs qu’ils vivent. Ils indiquent que, en plus de l’activisme des rebelles présumés de l’ADF au Graben, la présence des miliciens identifiés au groupe Nduma Defense Of Congo, cause également du tort. « Pillage des biens, arrestations arbitraires et prise d’otage, voilà ce dont souffre la population du Graben », témoigne le président de l’Association des Veuves et de Développement des Filles-mères, à Butembo et environs.

Kambale Musakania s’est confié à RADIOMOTO.NET, lundi 21 juin 2021, après qu’une incursion rebelle l’a poussé à quitter Kanyihunga, son village natal.

« Nous constatons qu’il s’agit des affres des affrontements entre les rebelles ADF et les NDC. Nous nous fuyons et ne savons que faire », se désole-t-il.

Kambale Musakania indique que certaines victimes et des structures citoyennes ont déjà informé les autorités compétentes afin qu’elles apportent solution à cette situation, mais en vain. « Chaque citoyen est sur son qui-vive », regrette-t-il avant de poursuivre « Les soldats loyalistes sont à Kanyihunga, à Lisasa, vers Domaine, mais il est surprenant d’apprendre une incursion des rebelles ADF qui s’affrontent aux NDC. Les autorités sont informées de tout. Il est important qu’elles agissent pour chasser l’ennemi et libérer les otages. Autrement, la population est ignorante de ce qu’il y a ».

Une misère doublée de la tracasserie

Un autre bémol, c’est la tracasserie militaire qui s’invite dans cette situation de guerre, au poste de la barrière de Mavono, sur le tronçon routier Butembo-Vulambo-Isale.

« A Mavono, il faudrait que les autorités interviennent pour interpeler les soldats qui y sont pour la garde. Ce n’est pas la population qui doit nourrir ces soldats. Cette population souffre, surtout quand elle est déplacée. Maintenant même, si vous allez à Mavono vous rencontrerez ces soldats qui tracassent, extorquent de l’argent ou autre bien. Ne rien donner renvoie au risque d’être criblé d’une balle », se désole cet autre habitant.

Se prenant pour porte-parole des opprimés, Kambale Musakania plaide pour la réparation des maux qu’il a évoqués. « Nous n’avons que besoin de la paix. Qu’à cet état de siège, les autorités nous aident à mettre fin à l’insécurité », plaide-t-il.

Pendant ce temps, la population prévient que si les cultivateurs ne rentrent pas au champ, la crise alimentaire, qui se vit déjà, d’ailleurs, pourra faire des morts en grand nombre.

A ce moment, le porte-parole des opérations Sokola I contacté au téléphone indique que les éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont été déployés sur le terrain afin de prévenir tout nouveau risque d’insécurité. Le lieutenant Antony Mwaluchai a demandé à la population de ne pas perdre de vue le grand ennemi à Beni qui n’est que l’ADF.

J’ai rangé des éléments disciplinés

Le Commandant de la 32ième brigade de réaction rapide basée à Rughenda dit être informé des lamentations de la population par rapport aux tracasseries militaires orchestrées au poste de garde de la barrière de Mavono. Ce poste est situé sur le tronçon routier Butembo-Bulambo/Isale. Le lieutenant-colonel Mozebo E’Pape rassure qu’il a effectué une mutation des éléments à ce poste afin de mettre fin à ce que la population ne veut plus assister. « J’y ai placé des éléments disciplinés, il y a peu », indique l’officier militaire en martelant que les incriminés ne resteront pas impunis.

Le lieutenant-colonel Mozebo a profité de l’occasion pour communiquer à la population les numéros de l’armée (0810862413 , 0975566736). Une voie à utiliser pour alerter au sujet de tout cas suspect.

Patrick Kalungwana

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