Beni : des rescapés racontent le drame vécu à Kekelibo lors de l’attaque de samedi

Illustration : des populations e déplaçant vers des milieux supposés sécurisés dans le territoire de Beni. Ph. Tiers

C’était chaotique la situation des habitants à Kekelibo dans le territoire de Beni, samedi 28 août 2021. Les rebelles présumés ougandais de l’Allied Democratic Forces (ADF) ont attaqué ce village autour de 17 heures. Consternée, la société civile de Oicha et de Beni-territoire dans le Nord-Kivu appelle au renforcement des dispositifs sécuritaires à Kekelibo.

Monsieur Kazeze, d’environs 48 ans, est une de trois victimes tuée au début de l’attaque à 17 heures. Une femme rescapée témoigne que les assaillants étaient vêtus en tenue similaire à celle des FARDC.

« A ce moment, je m’asseyais dans la maison, je préparai à manger pour les enfants. Nous avons été alertés sur la présence de l’ennemi, à partir de 16 heures. Quand nous commencions à manger, subitement, deux filles qui étaient à l’extérieur, sont venues en courant. Elles ont crié « nous mourrons, maman ». L’ennemi a entendu les cris et nous a appréhendées. Directement, j’ai crié « au nom de Jésus » et nous avons fui. Ils étaient nombreux. C’était des soldats, selon l’apparence vestimentaire », raconte cette femme.

Philippe Bonané, deuxième rapporteur de la société civile du territoire de Beni et habitant de Kekelibo, explique la situation qui a prévalu dans cette agglomération. « Quand ils sont arrivés, ils ont crépité des balles. La population a fui. Ils se sont mis à incendier des maisons. 3 maisons : celle de Mbusa, celle de Jonathan et celle du vieux Tsengera. Ils ont pillé aussi le bétail. Les chèvres, chez le chef de village, chez moi aussi 3 autres ».

Pour sa part, Patrick Mukohe des forces vives de Oicha plaide pour l’implantation d’un camp militaire à Kekelibo. « Nous demandons aux autorités militaires de pouvoir amener un camp ici. Nous avions seulement des policiers ici qui ont fait face aux présumés rebelles de l’ADF ».

Pendant ce temps, Kekelibo continue de se vider de ses habitants. La dernière attaque remonte à 17 heures de samedi 28 août 2021 dans ce village situé en localité Bakila-Tenambo au Nord-ouest de la commune d’Oicha.

Stanley Muhindo

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