Beni/Kyondo : le calvaire des déplacés accentué par l’activisme des rebelles et les tracasseries des éco-gardes

Les déplacés de guerre vivant à Kyondo dans le territoire de Beni (Nord-Kivu) ne cessent de décrier une vie pénible malgré des assistances à leur égard de la part des organisations humanitaires. Ce mercredi 06 octobre 2021, Radio Moto Butembo-Beni vous présente la situation d’une femme originaire de Lubero pour Kyondo. Dépouillée de toute fierté de vivre, elle appelle les autorités à faire preuve de leur engagement dans la recherche de la sécurité. 

Kavira Makasani Charlotte a fui non seulement les exactions des présumés rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF) mais aussi la violence des éco-gardes de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) qui ont décidé de chasser plusieurs personnes qui faisaient le champ autour du parc national des Virunga. Elle résidait à Karuruma au Graben dans la chefferie des Bashu, en territoire de Beni.

Au cours d’un entretien ce mercredi, Kavira Makasani Charlotte a raconté qu’avant d’être soumise à cette vie de déplacée de guerre, elle est venue de Kasugho dans le territoire de Lubero après être visitée par des inconnus. Dans cette situation, elle dit avoir reçu une balle dans sa poitrine et son enfant de 7 mois avait trouvé la mort.

“J’avais été touchée par balle dans la poitrine, et la mort de l’enfant s’en est suivie avant que je ne sois transférée ici à l’hôpital général pour les soins. Je ne sais pas quoi faire… Nous vivons du transport du bois et sable. Difficilement, nous avons 1.500 francs congolais que nous ne savons même pas repartir pour les besoins“, s’est-elle désolée.

Cette femme interpelle les autorités et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) sur le souci et le devoir de ramener la paix dans la région de Beni car la vie dans cette partie du Nord-Kivu n’a plus de gout, selon elle.

“Nous n’avons besoin que de la paix dans notre pays pour que nous regagnions nos milieux d’origine. Si la paix revient, on peut regagner nos milieux parce que là on travaille par jour. Par semaine, on se fait récompenser par un demi-plastic de manioc. Ce qui n’est pas négligeable pour nous”, a mentionné cette femme.

Notre interlocutrice a remercié la population de Kyondo pour son hospitalité sans laquelle nombreuses âmes seraient déjà à péril.

La situation de cette femme est semblable à celle des autres habitants déplacés des zones sous état de siège vers d’autres agglomérations sous le même état de siège. De l’Ituri au Nord-Kivu, les populations ne savent plus à quel Saint se vouer. A ce niveau, l’état de siège va de prorogation à prorogation toutes les deux semaines depuis son instauration au mois de mai 2021.

Barackaste Mukohe

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