Entrepreneuriat féminin à Goma : une sinistrée crée un commerce de fortune dans le camp de Kisoko

Plus de 5 mois depuis que le volcan Nyiragongo entrait en éruption, plusieurs familles restent toujours sans assistance. En marge de la semaine mondiale de l’entrepreneuriat édition 2021, Radio Moto Butembo-Beni s’est rendue dans le camp de Kisoko-Katoyi à Goma pour constater la réalité. Incroyable mais vrai : Mapendo Tchibalonza, une mère de 5 enfants, a développé un commerce avec un capital de 1.000 Francs congolais et compte subvenir aux besoins de sa famille.

Elles sont nombreuses ces femmes à endurer les conditions inhumaines dans les différents camps de fortune situés en ville de Goma comme dans le territoire du Nyiragongo voisin. Dans ces endroits, ils vivent sans assistance, selon leurs témoignages, et parfois dépendent des petits dons des riverains de leur camp, soit passent des nuits sans manger.

Dans le camp de Kisoko-Katoyi par exemple, plusieurs femmes allaitantes sont celles qui en payent le plus le prix. Certaines d’elles-elles ont décidé grâce aux petits dons, de créer des petites activités commerciales, mais qui ont du mal à réussir.

A l’occasion de la semaine mondiale de l’entrepreneuriat édition 2021, Radio Moto Butembo-Beni est allée à la rencontre de Mapendo Tchibalonza, mère de cinq enfants. Depuis quelques jours, elle a créé une activité entrepreneuriale avec un petit capital de 1.000 francs Congolais.

Assise devant sa case à bâche complètement usé, Mapendo Tchibalonza a développé un commerce de la braise, des ognons et des fretins appelés communément Sambaza en langue locale.

« Ce que tu vois devant moi n’est même pas du commerce. Sa valeur ne vaut que 1.000 francs Congolais. Mais, imagines toi-même, comment avec un commerce dont le capital est de 1.000 francs, puis-je parvenir à nourrir mes cinq enfants ? Actuellement, il n’y a que des personnes de bonne volonté qui nous font vivre grâce à leurs dons », a-t-elle confié à Radio Moto, mardi 16 novembre dernier.

Mais le grand défis demeure encore la crise financière qui caractérise sa clientèle car n’ayant pas de moyens.

« Les clients ne viennent pas acheter. Ils sont tous sinistrés et du coup, ils ne viennent que solliciter des emprunts. C’est logique Monsieur le journaliste, sommes tous au camp sans assistance aucune et il est très difficile voire impossible de trouver même 200 francs Congolais. Ces poireaux, ces fretins, tout comme cette braise, chaque quantité ne revient qu’à 200 francs mais personne n’a les moyens d’en acheter », explique-t-elle revenant sur les défis.

Au regard  de multiples difficultés qu’endurent ces femmes dans ce camps de Kisoko, elles demandent aux autorités provinciales de les autoriser de regagner leurs parcelles situées à Buhené dans le Nyiragongo, quoiqu’ayant été ravagées par la lave de l’éruption du 22 mai 2021 dernier. « Que les autorités nous autorisent de regagner nos parcelles. Nous souffrons énormément ici. Je pense qu’une fois chez moi, je pourrai relancer correctement mon commerce », plaide Tchibalonza.

John Tsongo

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