24 ans des massacres de Kikyo (Butembo) : « On ne peut pas jouir de ses droits et s’acquitter de ses devoirs si l’on n’a pas le droit à la vie » (Maître Kakule Kikondo)

Le 24e triste anniversaire des massacres de Kikyo en ville commerciale de Butembo (Nord-Kivu) a vécu ce jeudi 14 avril 2022. De ce fait, le juriste et chercheur scientifique, le maître Kakule Kikondo Moïse, estime « qu’on ne peut pas jouir de ses droits et s’acquitter de ses devoirs si l’on n’a pas le droit à la vie : socle de tous les autres droits »

Au cours d’une conférence animée au Centre d’accueil Uhai Kikyo, il a trouvé anormal que des actes inciviques « qui ne respectent pas la dignité humaine » continuent de se perpétrer en RDC, du moins dans l’Est de ce pays.

Selon lui, des rebellions dans l’Est, des incursions étrangères, des massacres et kidnappings des civils, le banditisme urbain sont signes de l’absence de la sacralité de la vie.

Pour mettre fin au fléau de l’irrespect de la vie humaine en RDC, Maitre Kakule Kikondo Moise propose un double combat : « La bataille contre des congolais-Judas qui prêtent main forte aux traîtres et la bataille des congolais assimilés à tous les assaillants qui insécurisent l’homme et ses biens ». 

« Si aujourd’hui on est en train de massacrer les gens, les gens meurent à tout moment, vous connaissez ce qui se passe à Beni même en ville, c’est parce que parmi nous il y a eu aussi des congolais traîtres qui ont prêté leurs mains à des étrangers ou à d’autres personnes qui viennent nous détruire. Et nous devons faire une lutte contre ces congolais traîtres. Ils se retrouvent partout. Ils peuvent être dans l’armée, dans l’administration publique, dans la population. C’est pourquoi, je voulais encore réveiller la conscience des gens de ne pas seulement chaque fois marcher contre Kabila, Tshisekedi mais que les mouvements citoyens, la société civile, la population organisent parfois des marches contre des citoyens traîtres. Parfois, on peut faire des manifestations alors qu’on est en train de marcher avec des Judas », a-t-il fait savoir à RADIOMOTO.NET.

Par ailleurs, ce juriste et chercheur scientifique recommande aux citoyens congolais de vivre la cohabitation pacifique, sans laquelle la dignité humaine ne peut être une réalité dans chaque entité.

Maitre Kakule Kikondo Moïse sensibilise également les leaders dans différents domaines à se mobiliser pour mener des plaidoyers pour la paix et pour la justice en faveur des personnes dont les droits citoyens ont été violés.

En rappel, les massacres de Kikyo datent du 14 Avril 1998, lors des affrontements entre miliciens et soldats de l’AFDL, qui en sont présumés auteurs. Ces soldats campaient, à l’époque, sur la colline Kikyo, située au nord de Butembo dans la commune Bulengera. Ils assimilaient des habitants à des miliciens.

Ainsi, les visaient-ils jusqu’à enterrer certains vivant. À partir de ce jour, les responsables militaires avaient ordonné, par la RTNC locale que les habitants restent terrés dans leurs maisons pendant 4 jours. Outre, ces massacres, plusieurs autres violations des droits humains avaient été commises par des soldats présumés de l’AFDL. Des centaines de personnes en avaient été victimes. Elles restent privées de la justice.

Patrick Kalungwana

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