Butembo : « Les habitants ont perdu le sens du Salongo », regrette Grégoire Katende qui a vécu ce système à l’époque coloniale  

Des tas d'immondices évacués du centre-ville de Butembo. Ph. Patrick Kalungwana, le vendredi 27 mai 2022

Les habitants de la ville de Butembo ont perdu le sens du Salongo. C’est pourquoi la saleté est visible partout au centre-ville dans les coins les plus reculés. C’est le constat de Grégoire Katende, membre fidèle au Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), en réaction à la question posée par RADIOMOTO.NET sur la valeur du Salongo, ce vendredi 21 juillet 2023.

Il démontre que le Salongo est un système qui a commencé depuis l’époque coloniale belge. L’objectif était de rendre l’homme et son environnement propre. Malheureusement, après le règne de Romain Matokeo, Butembo, la ville dite commerciale, devient de plus en plus sale, s’est-il désolé.

« Ce principe existe depuis l’époque coloniale. Les belges avaient instauré le service d’hygiène qu’on appelle environnement aujourd’hui. C’est pour que la population puisse vivre dans les conditions acceptables pour s’épargner des maladies des mains sales. C’est ce que Butembo a vécu à l’époque de Romain Matokeo. Il n’avait aucun tracteur. Mais Butembo était un modèle de propreté. Toutes les parcelles de Butembo étaient bien coiffées », s’est-il rappelé.

Pour lui, la propreté est avant tout une question de mentalité. Grégoire Katende trouve insensé de rencontrer une personne apparemment propre par son habillement mais qui vit dans une parcelle sale.

Parlant du Salongo chanté chaque vendredi en ville de Butembo, il le considère comme un slogan politique qui ne produit pas d’effets sur l’hygiène et l’assainissement de la ville. Il conseille que chacun commence par la propreté de sa parcelle et ce avant de l’étendre sur toute la ville.

« Aujourd’hui, la saleté a acquis la parcelle. Je vous assure que tout est sale. Les gens construisent de belles maisons mais mal entretenues. Quand on dit Salongo c’est un slogan. La propreté commence par soi-même. C’est l’homme qui doit se dire à l’interne, est-ce que je suis propre ? A partir de vous-mêmes, vous pouvez juger votre environnement direct », a-t-il opiné.  

Chaque vendredi, tous les habitants de Butembo sont appelés à s’occuper de l’hygiène de leur entité tout l’avant-midi. Malheureusement, rares sont les personnes qui participent à ces travaux communautaires. C’est depuis pratiquement deux ans que l’autorité urbaine, le Commissaire supérieur principal, Mowa Baeki Telly Roger, a relancé les travaux communautaires dans son entité placée sous état de siège le 6 mai 2021.

Kakule Kilumbiro

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.