Butembo : la DYFEGOU fustige la criminalité urbaine et interpelle les autorités
Rose Tuombeane, coordonnatrice de la DYFEGOU lors de son adresse à la presse pour commenter le déploiement de l'armée kenyane en RDC. Ph. Esther Vyiravwahali
La Dynamique des femmes pour la bonne gouvernance (DYFEGOU) exprime sa préoccupation face à la montée de la criminalité en ville de Butembo. Dans une interview accordée à RADIOMOTO.NET, le lundi 10 novembre 2025, la coordonnatrice de l’organisation a interpellé l’ensemble des acteurs (population et autorités) pour que chacun prenne ses responsabilités afin d’endiguer ce phénomène.
Kahambu Rose Tuombeyane, la coordonnatrice, croit que cette situation d’insécurité est liée à la précarité socio-économique avec l’entrée de plusieurs déplacés de guerre à travers lesquels certains bandits peuvent infiltrer la ville.
L’activiste des droits humains cite également le moindre effort que plusieurs jeunes veulent adopter et l’impuissance de l’État devant la prolifération de marchés pirates dans presque toute la ville. Ce qui facilite la vente de biens volés.
« Je situe les causes à trois niveaux : d’abord au niveau économique, ensuite au niveau politique et sécuritaire, et quelque part aussi, je peux analyser au niveau culturel. Actuellement, dans notre ville, il y a ce système que nous appelons “effet mimétisme” entre les jeunes. Cela favorise les comportements à risque. Les jeunes, bien qu’ils ne travaillent pas, veulent quand même avoir le même style de vie que d’autres. C’est dangereux. Les causes sont liées à cette dérive économique informelle où tout peut se vendre n’importe où, même visiblement. On voit des biens probablement volés être vendus dans des marchés sans aucun contrôle », a-t-elle regretté.
Pour mettre fin à cette criminalité urbaine, la DYFEGOU représentée par Rose Tuombeyane appelle la population à dénoncer les suspects et à demeurer dans la cohésion. Aux autorités, elle recommande la redynamisation des services de sécurité qui semblent oublier leur mission.
« Je crois que la première solution devrait être de renforcer l’éducation des jeunes, de leur inculquer la morale, les valeurs, notamment l’amour du travail, le sens des responsabilités, et de ne pas toujours rechercher la facilité. Il faut aussi leur apprendre à refuser la complicité, ce que nous appelons la complicité passive. La solution réside dans cette solidarité communautaire : dénoncer à chaque fois, nous surveiller mutuellement, tout en collaborant avec nos forces de sécurité. Cela relève de la responsabilité de la population. Quant aux institutions, face à cette situation, il faut d’abord lutter contre la corruption, tout en assurant la sécurité de la population. La justice doit aussi faire son travail », a-t-elle conscientisé.
Il convient de noter que la ville de Butembo fait actuellement face aux bandits qui attaquent des personnes pour leur ravir des engins, de l’argent et d’autres biens. Pour tous les cas récents, le vol de trois motos, aucun suspect n’a été arrêté.
Dany Mweusi