Butembo : le père Jean-Marie Wayivuta analyse l’impact psychologique méconnu du divorce sur les enfants 

Les conséquences psychologiques du divorce dépendent de la manière dont chacun des acteurs ou autres victimes l’ont vécu. Mal géré, il affecte l’adaptation psychologique des enfants. C’est la réponse du psychologue clinicien, le père Jean-Marie Wayivuta Vihamba. Il répondait à la question de RADIOMOTO.NET sur les conséquences psychologiques du divorce sur la vie du couple et des enfants nés du mariage. 

Lors d’une interview le jeudi 13 août 2026, cet enseignant à l’Université de l’Assomption au Congo (UAC) a clairement indiqué que le divorce à soi n’entraîne pas nécessairement des conséquences graves s’il est bien géré. Cependant, a-t-il prévenu, c’est la manière dont la séparation est vécue par l’un ou l’autre des acteurs concernés qui engendre des problèmes. Chez les conjoints, on peut observer une culpabilité accompagnée d’un comportement anormal, a expliqué le père Jean-Marie Wayivuta.

“D’abord, il y a cet élément de culpabilité, de part et d’autre. C’est dit, mais est-ce que je ne suis pas à la base de ce divorce ? Il y a d’autres conséquences, évidemment, du comportement, comme des problèmes d’ivrognerie. Donc, les gens qui peuvent maintenant dire : « Bon, j’ai tout perdu, je vais essayer de noyer ma souffrance dans un verre de bière et autre type d’alcool. Donc, ça, ça peut arriver chez les divorcés. Avec aussi d’autres comportements anormaux. Dans le sens de chercher encore beaucoup d’autres partenaires à gauche et à droite », a-t-il fait remarquer. 

Et du côté des enfants, il y a également des conséquences consécutivement à la mauvaise gestion de cette séparation parentale. Les enfants sont les plus vulnérables parce qu’ils dépendent encore totalement de leurs parents. Des signes pouvant conduire à des troubles mentaux peuvent se manifester au long de leur vie. 

La colère, le comportement agressif, les difficultés scolaires, la perte d’intérêt, les difficultés relationnelles ainsi que la culpabilité permanente, surtout chez les adolescents.

« Il y a l’anxiété et l’insécurité, ça veut dire que l’enfant peut avoir peur de perdre l’un de ses parents, de changer peut-être de maison ou de voir sa vie quotidienne bouleversée. Il peut développer ce qu’on peut appeler le sentiment d’insécurité affective, c’est-à-dire, je me dis, mais je suis là, qui m’aime ? Cet attachement qu’on avait envers les parents, on va le déplacer chez qui ? Le divorce peut provoquer de la tristesse, des pleurs, des sentiments de solitude. La solitude, ça veut dire qu’on commence à entrer dans la dépression. Et puis, on peut avoir aussi la baisse d’estime de soi. L’enfant peut être capable de dire, mais est-ce que je suis encore quelqu’un de valeur, parce que mes parents ne sont plus là  ? On peut trouver aussi un sentiment de culpabilité. Certains enfants pensent qu’ils sont responsables de la séparation des parents. Cette culpabilité peut être particulièrement importante quand on est adolescent”, a-t-il analysé. 

Comme solution, le psychologue clinicien propose un conseiller de famille pour aider les enfants à avoir une résilience, sinon recourir aux psychologues et spécialistes qui peuvent encore aider davantage afin d’atténuer la souffrance psychologique des enfants et du couple. 

Évoquant les facteurs à la base de la multiplication des cas de divorce, le père Wayivuta cite le fait qu’on privilégie la question de l’argent au détriment des fondamentaux mêmes du mariage. Il a ajouté l’absence prolongée de certains partenaires pour des raisons de commerce loin de son domicile.  

Stanley Muhindo

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