RDC : la mauvaise organisation de l’armée parmi les causes de la persistance de l’insécurité dans l’Est (Analyse)

La persistance de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo est une cause directe de la mauvaise organisation de l’armée congolaise. C’est une conclusion de l’analyse de Kule Tata, juriste et avocat, faite ce lundi 3 juin 2024 suite à cette poussée des rebelles du M23 vers le territoire de Lubero et le déplacement massif des populations de Kanyabayonga vers les cités de Kayna et Kirumba.

Pour lui, la population est en train de subir la conséquence des opérations du mixage et du brassage. Maître Kule Tata ajoute que qu’au sein des FARDC, il est difficile de distinguer les vrais patriotes des traitres par le fait que tous les militaires n’ont pas la même formation et la même idéologie.

Il soutient son argumentation par le fait qu’en longueur des journées, les hautes autorités ne cessent de décrier l’infiltration de l’armée et l’affairisme qui caractérisent les agissements de plusieurs officiers.

« Nous voyons l’état de notre armée. C’est constitué des enfants réellement recrutés parce qu’ils avaient besoin de servir sous le drapeau, mais aussi des gens qui ont été brassés. Ils sont venus avec quel objectif ? Personne ne peut me le dire aujourd’hui. Ceux qui sont venus, par exemple, des groupes armés pro-rwandais… tous ceux-là, vous les mettez dans une même unité, l’un peu avoir l’idée de défendre son pays, alors que l’autre non », a-t-il démontré.

Abordant la question des réservistes dits Wazalendo, Maître Kule Tata, reconnait leur appui aux FARDC pour anéantir les agresseurs, « mais cela reste une solution éphémère qui risque d’ailleurs de provoquer de conséquences néfastes ». Il trouve qu’il est encore difficile de définir les vrais wazalendo pour autant que tout le monde peut se le prévaloir.

« Aujourd’hui, on ne sait pas définir qui est muzalendo, qui ne l’est pas. On peut avoir des ennemis qui vont se passer pour des wazalendo. Quels sont les critères sur base desquels on peut attribuer à quelqu’un le statut de muzalendo ? Il n’en a pas », craint-il.

Depuis la semaine passée, la commune rurale de Kanyabayonga au sud du territoire de Lubero s’est presque vidée de toute sa population, craignant l’attaque de cette entité par les M23.

Les déplacés restent sans assistance dans leurs lieux de refuge, à en croire les organisations humanitaires œuvrant dans cette partie de la province du Nord-Kivu.

Kakule Kilumbiro

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *