RDC : “Négocier avec le M23 est une trahison du gouvernement et du chef de l’État” (Assa Paluku, chef Wazalendo)
“Négocier avec la coalition M23/AFC, c’est cracher sur des milliers de soldats et civils tués dans le conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo”. Il s’agit de la réaction d’Assa Paluku Mahamba, l’un des responsables de la synergie de Wazalendo front grand Nord, ce mercredi 12 mars 2025, au cours d’un entretien avec RADIOMOTO.NET.
D’après Assa Paluku Mahamba, le dialogue direct avec le Mouvement du 23 mars (M23), supplétif du Rwanda, ne sera pas une solution à la déstabilisation de la zone Est de la RDC.
Pour lui, le cahier de charge du M23 qu’il imposera au gouvernement congolais pourrait représenter un risque pour la population. Lui pense que si le président de la République accepte de négocier avec le M23, le sang des milliers d’habitants et militaires victimes de cette guerre serait versé inutilement.
Assa Mahamba craint, par ailleurs, que cette négociation cautionne une nouvelle infiltration des instances congolaises de prise de décisions.
“Ce n’est pas à dire que négocier avec le M23, c’est ce qui va ramener la paix ou éradiquer les groupes armés dans la zone. Si on négocie actuellement avec le M23, quel sera le sort de tous ces militaires qui sont actuellement handicaps et qui se sont sacrifiés pour honorer la République, tous ces Wazalendo et militaires qui sont tombés sur le champ d’honneur ? Sans oublier tous les civils qui ont été massacrés en pleine ville de Goma par les terroristes du M23. Nous ne voulons pas encore renforcer l’infiltration de l’armée congolaise parce que plus, nous acceptons de négocier avec le M23, quels que soient les espaces géographiques qu’ils occupent, ces gens vont réclamer des postes stratégiques au sein de l’armée, de la Police, l’ANR, la politique nationale”, a-t-il démontré.
Assa Paluku reste confiant que le peuple congolais ne sera pas d’accord avec la démarche diplomatique envisagée dans le processus de Luanda qu’il qualifie d’acte de trahison. Il demande au gouvernement de penser au renforcement et à la capacitation des FARDC qui doivent combattre toutes les forces négatives.
“L’acte de négocier avec le M23, c’est une trahison du gouvernement congolais et du chef de l’État si jamais il accepte cela. Nous comme congolais, nous ne sommes pas prêts à négocier avec le M23. S’il le dit dans le sens de protéger la population congolaise, c’est prendre la réputation de toute la République en hypothèque. On cherche à hypothéquer notre République et nous ne sommes pas prêts”, a-t-il déclaré.
Félix Tshisekedi s’est, mardi 11 mars, entretenu avec son homologue angolais João Lourenço, médiateur entre Kinshasa et Kigali, sur le conflit dans l’est de la RDC. À l’issue de la rencontre, la présidence angolaise a mentionné que Luanda pourrait amorcer des contacts avec le M23 en vue de faciliter des négociations directes entre les parties au conflit.
Glodi Mirembe