Lubero : la FEC/Vuyinga alerte sur une crise monétaire « sans précédent » suite à l’insécurité
La forte concentration dans la localité de Vuyinga en territoire de Lubero rend la situation socio-économique des ménages très précaires. Les agriculteurs ne vont plus au champ et les activités des opérateurs économiques stagnent par manque de circulation de la monnaie. Le président de la FEC-Vuyinga, que nous avons reçu ce mardi 03 juin 2025 à la Radio Moto Butembo Beni, peint un tableau sombre de la situation des populations depuis la recrudescence de l’insécurité dans cette région, située à l’ouest de Butembo.
Musubao Katrisa fait savoir que les villageois s’organisent en groupe pour aller au champ à la récolte sans y passer beaucoup de temps avec tous les risques de rencontrer l’ennemi. En conséquence, la famine s’installe dans les ménages et les maladies dues à la malnutrition s’accentuent chez les enfants.
“Pour récolter, nous entrons dans nos champs comme des voleurs. Vous constituez un groupe de 5 ou 10 personnes et vous accompagnez chacun dans son champ pour vite retourner. Notre inquiétude est que nous ne remettons rien au champ. Il n’y a que des bananes; les maniocs que nous récoltons. Mais dire qu’on peut encore cultiver le riz ou le haricot, c’est impossible parce que vous entrez dans vos propres champs comme des voleurs. C’est ça notre malheur qui est à la base de la famine et qui finira par pousser les gens d’aller mourir au champ”, a-t-il déclaré sur un ton de désespoir.
Parlant du commerce, le président de la FEC/Vuyinga évoque une régression des opérations commerciales dues à l’abandon de certains villages par leurs occupants. La circulation de la monnaie n’est plus courante par le fait que tous les marchés aux environs de Vuyinga sont fermés.
Musubao Katrisa cite par exemple les marchés des villages Kasiyiro, Ngohi, Kelekele, Masakoki, Vuranda Matuntu, Ekenye, Kambau, Kasanga, Katrikwaze, Fungulamacho. Partout dans ces villages, les personnes qui résistent dans leurs champs dorment parfois en brousse par crainte d’être attaqués par les égorgeurs.
“Toutes les opérations commerciales sont aux arrêts. Ce sont les racines qui nourrissent les plantes, dit-on. Ce sont les petits villages qui alimentent les grandes agglomérations. Les gens partaient dans ces villages et ils en revenaient avec quelques choses qui aidaient tout le monde dans son secteur. C’est ça qui permettait la circulation de la monnaie. Mais aujourd’hui, celui qui peut trouver de l’argent, c’est celui qui a par exemple un champ de manioc ou de cacao. C’est pourquoi la pauvreté est en train d’envahir nos villages. En conséquence, les gens commencent à voler”, a-t-il regretté, plaidant pour la restauration de l’autorité de l’État dans la région.
Tout en remerciant le travail que les forces de défense et de sécurité conjointement avec l’armée ougandaise sont en train de réaliser pour le rétablissement de la paix dans cette région de Vuyinga, Musubao Katrisa appelle la population à la vigilance pour ne pas tomber dans les mailles de l’ennemi.
Kakule Kilumbiro