Butembo : la société civile santé dénonce les attaques ciblant les équipes de la riposte contre Ebola
“S’attaquer aux équipes de la riposte contre la maladie à virus Ebola, c’est un agissement criminel et compromet davantage la lutte contre la maladie”. C’est ce qu’a indiqué Kavusa Vahwere Arsène, point focal de la société civile santé au Grand Nord-Kivu. Cet acteur de la société civile santé réagissait ainsi aux incidents survenus à Kyaghala, en commune Bulengera, dans la ville de Butembo, les après-midis du lundi 19 août 2026.
Au cours d’une interview avec RADIOMOTO.NET ce mardi 18 août 2026, Kavusa Vahwere Arsène a déploré le comportement des jeunes qui s’attaquent aux équipes d’Enterrement digne et sécurité (EDS), celles chargées de la décontamination et autres acteurs qui interviennent dans la riposte contre Ebola.
“Ce comportement, c’est déplorable vraiment. Nous regrettons pour ça. Et puis quand on doit se montrer vraiment très violent comme ça, jusqu’à vouloir tuer les gens. Soyons sûrs que nous sommes nous-mêmes les criminels et nous contribuons à ce que les gens puissent mourir de la maladie à virus Ebola. Parce que les acteurs arrivent sur le terrain pour aider la population. Par exemple, ceux de la prévention et du contrôle des infections, ils arrivent là pour décontaminer, désinfecter les maisons ou bien les hôpitaux pour que le virus ne puisse pas se propager. Les équipes d’EDS, une fois que quelqu’un est décédé, s’il a été positif ou pas, actuellement il y a une mesure à ce que tous les décès doivent être quand même sécurisés”, a-t-il fait savoir.
Pour cet acteur de la société civile santé, la résistance face à Ebola est un frein aux mécanismes de son éradication. Il appelle ainsi la communauté à la conscience et à soutenir le personnel soignant dans la riposte contre Ebola.
“Toutes les activités qui sont organisées pour la riposte, c’est pour nous aider, pour nous protéger, pour que la maladie soit vite éradiquée. Donc, je lance cet appel à mes compatriotes, la jeunesse de la ville de Butembo et de partout. Soyons dociles et respectons les mesures qui nous ont été données par les autorités sanitaires. Collaborons avec les équipes qui vont sur le terrain, des activités qui sont organisées pour que nous, la population, puissions être protégés », a-t-il conscientisé.
Pour rappel, le lundi 17 août 2026 entre 15 heures et 16 heures, une équipe de l’EDS a été attaquée par un groupe de jeunes brigands à Kyaghala pour effectuer le SWAB sur une personne décédée pour se rassurer de la cause de sa mort.
Au cours des altercations, un agent de la riposte est sorti grièvement blessé par machette au niveau de la main et du genou. Le véhicule dans lequel étaient ces prestataires de soins a été également caillacé.
Joëlle Mwengevalwahi