Ituri : la riposte contre Ebola à l’arrêt à Nia-Nia suite au mauvais état de la route 

La riposte contre la maladie à virus Ebola est à l’arrêt dans la zone de santé de Nia-Nia, en territoire de Mambasa. L’état de délabrement très avancé de l’axe Nia-Nia – Bafwabango empêche toute intervention. Les villages Bafwabaya et Bafwabango sont pourtant considérés comme le foyer de l’épidémie dans cette zone de santé. 

Les équipes médicales ne parviennent plus à y accéder. L’alerte est lancée par le médecin-chef de zone de santé de Nia-Nia, le docteur Joseph Pemanakue, qui indique que depuis vendredi 5 septembre, l’ambulance qui devait évacuer des malades est restée bloquée à hauteur d’un énorme bourbier, à 40 km de Nia-Nia. 

L’autorité sanitaire craint que l’épidémie ne s’étende davantage dans cette partie enclavée du territoire de Mambasa. Conséquence : les patients nécessitant un transfert vers le Centre de traitement Ebola (CTE) de Nia-Nia restent bloqués dans les deux villages précités et le suivi des contacts est interrompu. 

Pour contourner l’obstacle, les équipes tentent des solutions de fortune, extrêmement risquées, où les malades sont transportés à moto. Autre conséquence directe : le chantier du centre de transit de Bafwabaya qui est en train d’être construit par Médecins sans frontières est suspendu. Le matériel ne peut pas être acheminé sur le site à cause de l’état de la route. Le médecin-chef de zone plaide pour une intervention urgente afin de réhabiliter cette route.

« Nos équipes ont des difficultés pour atteindre Bafuabango et Bafuambaya suite au délabrement de la route au niveau de PK40, axe Isiro-Nia-Nia. Bafuabango et Bafuambayi sont l’épicentre de la maladie. Nous avons presque chaque jour des appels pour que l’ambulance puisse atteindre ces milieux-là et nous avons des difficultés pour évacuer les malades. Les échantillons qui nous viennent de là, on peut en avoir au moins trois positifs par jour. À la crainte que, s’il y a un cas qui nécessite le transfert au niveau du CTE, ça pose vraiment des problèmes. Même le suivi, il faut que nos équipes qui sont ici puissent aussi aller régulièrement accompagner les équipes de terrain », a-t-il alerté. 

La zone de santé de Nia-Nia, en épidémie depuis le 13 juin dernier, compte jusqu’au 5 septembre 2026 un cumul de 232 cas confirmés, dont 73 guéris et 160 décès. 

Esdras Kaghoma

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