RDC : La mesure sur le maintien des filles enceintes dans les établissements scolaires pose déjà un problème de prise en charge (Christian Kalamo)
La décision sur le maintien des filles enceintes dans les établissements scolaires délie déjà les langues à travers la province du Nord-Kivu. Pour certains acteurs de la société civile, la mesure pose déjà un problème de prise en charge de la fille.
Pour commencer, Christian Kalamo s’est exprimé juste après avoir consulté la note circulaire du Ministère de l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté, ce mardi 15 juillet 2025. Ce cadre de la société civile de la commune de Karisimbi, dans la ville de Goma, exprime des craintes sur les répercussions de cette mesure sur d’autres apprenantes au sein des établissements où les filles enceintes auront une place de choix.
« Donc un parent va payer pour un autre parent ? Lorsqu’une fille enceinte est à l’école, selon la législation sociale, est-ce qu’elle aura droit à 14 semaines de congé de maternité ? Qu’en sera-t-il pour un parent qui doit allaiter un bébé pendant les heures des cours ? Ou alors le ministre a voulu parler des centres de formation, de récupération … Quelle sera la leçon que cette fille déjà maman va donner aux autres élèves avec qui elle va étudier ? », s’interroge-t-il.
L’interlocuteur de Radio Moto Butembo-Beni invite alors le Gouvernement à assurer la prise en charge des filles enceintes au sein des établissements, à défaut du responsable de la grossesse.
« Nous ne refusons pas que nos enfants soient éduqués. Mais comment est-ce que la fille sera en train de se comporter en classe lorsque l’enfant pleure, lorsque l’enfant défèque … ? Cette question n’a pas de place. C’est mettre nos filles qui sont encore protégées en danger. Si oui, comme ce ministre vient de signer déjà la note circulaire, nous demandons maintenant la prise en charge par le Gouvernement », plaide-t-il.
Pour le Gouvernement, cette mesure s’inscrit dans le cadre des engagements de la République Démocratique du Congo en faveur de l’éducation inclusive et de la protection des droits des filles.
Visesa Louangel