Ituri : 4 enfants échappés aux ADF accueillis à Niania
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Quelques jours après avoir fui les rebelles présumés de l’Allied Democratic Forces (ADF), les quatre enfants de Bafwakoa sont arrivés à Niania depuis mardi 16 juin 2026, puis ont été accueillis, le jour suivant, par les autorités coutumières des Bandaka et leurs membres de famille en fuite à Niania. Ils sont venus du village d’Epulu où ils avaient été reçus par les autorités de la Réserve de faune à okapis (RFO).
Ces enfants s’étaient échappés des mains des combattants présumés de l’ADF, le samedi 13 juin 2026, dans la forêt près de Molokayi, une localité de la chefferie des Bombo située à près de 90 kilomètres de Niania sur la route nationale (RN4).
Dans leur témoignage, les quatre garçons disent avoir recouvré leur liberté au moment où leurs bourreaux cherchaient des produits champêtres dans les champs des agriculteurs, non loin du village Molokayi.
« (I) Moi, on m’avait pris lorsque j’étais en train de pêcher au lac, nous sommes partis avec eux jusqu’à faire avec eux deux mois et demi. On était partis au champ pour récolter le manioc, puis nous avions fui jusqu’à la maison. Pour vivre, nous allons au champ pour prendre la nourriture de la population, seulement prendre la nourriture. Je souffre tellement pour manger. Les ADF sont nombreux, parmi eux des blessés par balle. (II) Moi, on m’avait kidnappé lorsque j’étais à Karachi-Bafwakoa. J’étais en train de masser les pieds de ma grand-mère. C’est là qu’on avait pris avec les autres, au nombre de 12. Nous, on revenait de Kisa-Epulu. Nous étions venus au champ pour prendre la nourriture. (III) Nous, on était au nombre de 11, les autres 8. Il y a ceux qui étaient devant et d’autres, derrière. Nous étions au milieu puis on s’est détaché d’eux car nous avons trouvé un moyen de nous échapper, car ils vivent de l’autre côté de l’eau », ont-ils témoigné.
Les membres de familles de ces ex-otages se disent heureux de revoir leurs enfants qui leur ont manqué pendant près d’une semaine. Ils plaident auprès des autorités pour rétablir la sécurité afin de permettre le retour aux villages de nombreux déplacés vivant à Niania.
“(I) Je réponds au nom de maman Salama. Lorsque je vois les enfants, moi, en tant que leur mère, originaire de Bafwakoa, j’ai la joie et je remercie Dieu qui les a gardés et protégés car nous les avons vus. On les avait pris de Bafwakoa, comme les enfants l’ont raconté. Ils étaient au nombre de 12. Nous demandons aux autorités de fournir plus d’efforts pour que la guerre cesse chez nous. Voyez comment les maisons sont brûlées, les enfants vont en brousse. Nous voulons le développement. (II) Je suis Bange Mona Mbido Honoré, habitant de Bafwakoa. Je remercie Dieu car les enfants sont là. Nous demandons une forte sécurité dans notre entité, car nous vivons une vie très difficile en tant que déplacés. Nous avons besoin de retourner chez nous », ont-ils plaidé.
Il convient de rappeler que lors de l’attaque des assaillants ADF contre le village Bafwakoa, situé à 40 kilomètres de Niania sur l’axe Mambasa, une quarantaine de civils avaient péri atrocement à l’arme blanche. Plusieurs autres personnes avaient été enlevées. Des maisons ainsi que des motos avaient été incendiées.
Esdras Kaghoma