Procès des ravisseurs présumés d’Égyptiens à Butembo : le tribunal se déclare suffisamment éclairé 

Organisée par le tribunal militaire de garnison de Butembo, l’audience en flagrance contre 4 personnes, dont deux Wazalendo, s’est  poursuivie ce mercredi 24 juin 2026 au rond-point Kitulu dans la commune de Mususa, en ville de Butembo. Les prévenus sont poursuivis pour association de malfaiteurs, enlèvement et extorsion de biens. Le tribunal se dit suffisamment éclairé. 

Les prévenus sont notamment Nzanzu Mushakulu Boika, Katembo Madisha Joel, les deux des Wazalendo, ainsi que Kambale Kapupa Gédéon et Kasereka Mukama Jean-Baptiste, tous deux civils. Ceux-ci sont accusés d’avoir arrêté des sujets égyptiens, commerçants ambulants et 9 autres citoyens congolais, dont 6 filles, chargés de marketing dans l’entreprise de ces Égyptiens. Ces faits ont eu lieu le lundi 22 juin lorsque ces Égyptiens et leurs collaborateurs ont été immobilisés à Wayene avant d’être amenés, les uns ligotés, dans la concession de Kafekit où certains ont été soumis à des tortures.   

Pour ce mercredi, l’audience a consisté en l’instruction du dossier. Plusieurs victimes et d’autres renseignants ont été amenés devant le tribunal pour relater les circonstances dans lesquelles les faits ont eu lieu. Les victimes racontent qu’elles ont été arrêtées en groupes. 

Les bourreaux, des présumés Wazalendo s’interrogeant sur la mission des sujets égyptiens dans la zone, ont commencé à demander l’ordre de mission d’abord au premier groupe arrêté, puis au deuxième. Chose que ceux-ci n’avaient pas. Ils ont ainsi commencé à exiger de l’argent pour leur libération. N’ayant pas d’argent, ces capifs ont fait appel à leurs proches pour amener l’argent exigé. 

Arrivée à Wayene, l’équipe de secours a aussi été arrêtée par les bourreaux. De là, tous les captifs dépouillés de leurs biens, dont des téléphones, ont été amenés, certains dans leur camion conduit par un muzalendo étant ligotés et d’autres sur des motos-taxis qu’ils ont été obligés de payer la course à 40 000 francs congolais par conducteur jusqu’au lieu de la scène où ils ont continué à subir des tortures, ont tour à tour raconté les victimes. 

Parmi les renseignants, figure Tembos Yotama, initiateur de la Véranda Mutsanga, un groupe de pression auquel le prévenu Mushakulu Boika aurait dit appartenir. Quant à cela, Tembos Yotama a éclairé le tribunal que la Véranda Mutsanga ne reconnaît pas des personnes armées comme membres et que si le prévenu  a été membre de ladite Véranda, c’était avant son intégration dans le rang des Wazalendo.  

À la question du tribunal qui voulait comprendre comment Tembos Yotama s’est retrouvé au lieu où l’incident a eu lieu pendant l’arrestation des prévenus, ce dernier a indiqué que c’est dans le cadre de mener des investigations qu’il s’est retrouvé à ce lieu après avoir été alerté par les services de sécurité sur  ce qui se passait de ce côté. Il a d’ailleurs raconté les circonstances dans lesquelles certains des biens ravis des victimes qui étaient en destination inconnue ont été retrouvés. 

Après la comparution des parties au procès et les renseignements des victimes et des renseignants, le tribunal s’est dit suffisamment éclairé et a renvoyé la cause  à ce jeudi 25 juin 2026 au même lieu. Une audience qui sera consacrée aux conclusions des  parties civiles, au réquisitoire du ministère public, aux plaidoiries de la défense des prévenus avant le prononcé du jugement. 

Joëlle Mwengevalwahi

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