Butembo : pénurie de sang au CTS depuis la résurgence d’Ebola
Depuis la résurgence de la maladie à virus Ebola, le Centre de transfusion sanguine (CTS), plateau technique de Butembo, connait une diminution de produits sanguins. C’est le communicateur du CTS/Butembo qui l’a dit à RADIOMOTO.NET le mercredi 22 juillet 2026. Il assure attendre les donneurs bénévoles pour sauver des vies.
Evariste Kambale Mutsunga est revenu sur la quantité de produits sanguins à mobiliser chaque mois, au moins 917 poches de sang. Si avant Ebola l’on collectait plus de 70 %, aujourd’hui on recueille difficilement 50 % des produits attendus.
“En situation normale, les poches attendues le mois sont 917 à 950 poches de sang pour que nous puissions satisfaire les 18 banques de sang que nous desservons à problème sanguin. Alors, depuis qu’on est en train de faire face à l’épidémie du virus Ebola, nous sommes en train d’atteindre difficilement même 400 poches. Parce qu’à dire vrai, avant que l’épidémie ne puisse surgir ici chez nous, on était en train de frôler 750 à 800 poches. Mais depuis que la maladie est là, on n’est même pas en train d’arriver à 500 poches”, a-t-il alerté.
Si plusieurs anciens donneurs respectent encore leur rendez-vous, certains hésitent à le faire à cette période d’épidémie et plusieurs nouveaux donneurs ne sont pas atteints par les équipes mobiles de collecte de sang. Evariste Mutsunga détaille certains facteurs à la base de cette situation.
“Il y en a d’autres qui se réservent pour donner du sang en disant : si je pars donner du sang, je peux tomber malade et on va m’assimiler à des suspects par rapport à la maladie à virus Ebola. Beaucoup d’associations ne fonctionnent plus, par exemple aujourd’hui il n’y a pas d’écoles parce que les élèves sont en congés, les étudiants sont en train de passer les examens ou alors aussi s’il n’y avait pas la maladie à virus Ebola, on devait retrouver beaucoup de stagiaires dans les hôpitaux et dans les entreprises. C’est cela qu’on devait capitaliser normalement durant cette période, mais compte tenu de la maladie, on n’a pas autorisé les stages. Quand nous essayons d’aller dans la communauté, d’autres nous assimilent à des équipes de riposte », a-t-il démontré.
Evariste Kambale Mutsunga rappelle le besoin pressant dans différentes structures de la Division provinciale de la santé (DPS), antenne de Butembo. Il cite les femmes enceintes, les enfants anémiques de moins de 5 ans, les personnes vivant avec la drépanocytose, les blessés de guerre et d’accidents.
Stanley Muhindo