Ituri : le CTE de Nia Nia débordé par les malades confirmés et suspects d’Ebola
La situation est critique au Centre de Traitement Ebola (CTE) de Nia-Nia dans le territoire de Mambasa, province de l’Ituri. La structure est actuellement débordée par les malades confirmés. La capacité d’accueil du CTE est de 20 lits pour les cas confirmés et 6 lits pour les cas suspects mais depuis le début de cette semaine, le centre accueille plus de malades que sa capacité, ce qui complique gravement la prise en charge.
Selon le Docteur Elie Mutombo, coordonnateur terrain de la riposte, la zone de santé de Nia-Nia n’a aucun partenaire financier qui appuie la riposte et que ce qui est fait, c’est par les efforts de l’Etat congolais, malheureusement très limités. Face à cette urgence, le coordonnateur terrain de la riposte lance un appel pressant aux partenaires financier à venir en urgence appuyer la zone de santé de Nia-Nia qui traverse une situation difficile liée à la maladie à virus Ebola.
« Ça fait pratiquement quatre jours. Nous sommes débordés dans le sens que ce qui était disponible à notre niveau selon les moyens que le gouvernement nous avait dotés, c’est cette capacité que nous avons. Quand nous recevons au-delà de cette capacité, ça crée des problèmes très sérieux. Ainsi, nous avons remonté au gouvernement qui prend des mesures pour que nous puissions étendre parce que nous n’avons pas un appui des partenaires pour la prise en charge des malades dans cette zone de santé de Nia-Nia. Il faut que je l’avoue : tout ce qui s’est fait jusque-là, ce sont les efforts du gouvernement avec des moyens qui, du reste, sont limités. On n’a pas un centre de traitement normé. Celui qui est là, c’est un centre de fortune que nous avons fait avec des moyens très limités euh à notre disposition. Et je vous ai suivi vous-même. Je ne sais pas où est-ce que vous avez eu des informations qu’il y a rupture de carburant. Ce qui était un fait réel. Ça a fait quarante-huit heures que le laboratoire n’a pas fonctionné. Et ce laboratoire n’a pas de chaîne de froid qui peut permettre que si nous n’avons pas le carburant aujourd’hui, parce qu’on peut en manquer, c’est tout à fait normal, il peut y avoir rupture. Mais dans le cas où on a des ruptures, on peut conserver des échantillons. Cette chaîne de froid ne fonctionne pas parce qu’on n’a pas une garantie de fonctionnement de ce laboratoire sur le plan courant. C’est ainsi que vous avez eu quarante-huit heures sans que le laboratoire puisse fonctionner. Revenant sur la prise en charge, le défi étant énorme, on doit avoir des CTE normés : un CTE au centre de Nia-Nia et un autre à 51. C’est l’épicentre où la maladie a commencé et c’est la population qui est en train de mourir depuis qu’elle avait brûlé le centre de traitement. Le gouvernement a tout perdu et on était revenu à zéro. Plus de deux-cents décès pour une semaine et c’est suffisamment énorme. Nous demandons aux partenaires qui vont suivre ce cri d’alarme de nous venir en aide », plaide le docteur Elie.
Jusqu’à cette fin de semaine, la zone de santé de Nia-Nia compte un cumul de 86 cas confirmés d’Ebola, 45 décès et 13 guéris.
Esdras Kaghoma