La Cour internationale de justice fixe le calendrier du “grand procès” opposant la RDC au Rwanda
C’est une lueur d’espoir pour les victimes de trois décennies de violences dans l’Est de la République démocratique du Congo, particulièrement dans le Grand Nord de la province du Nord-Kivu.
Selon des informations rapportées par Radio France Internationale (RFI), la Cour internationale de justice (CIJ) a déjà fixé le calendrier du grand procès qui oppose la République démocratique du Congo au Rwanda.
Pour les populations de deux provinces, notamment le Nord et le Sud-Kivu, qui ont vu leurs terres ensanglantées depuis 1996, ce dossier touche au cœur de leur calvaire. Kinshasa accuse officiellement Kigali d’avoir violé quatre conventions internationales majeures. Il s’agit de celles portant sur le génocide, les discriminations raciales, les droits des femmes et la torture.
Trente ans de crimes sous la loupe des juges. Les avocats de la RDC portent une voix connue trop bien. Ils affirment que depuis 30 ans, les interventions rwandaises, souvent menées via des milices alliées comme le M23, ont causé des millions de morts, de blessés et de déplacés.
Si le Rwanda a toujours avancé l’argument de la « légitime défense », Kinshasa dénonce devant les juges de « La Haye » des objectifs beaucoup plus sombres, entre autres l’éradication d’une partie de la population (les Hutus) et le pillage systématique de nos ressources naturelles. Il faudra cependant s’armer de patience, car la justice internationale avance à pas lents.
La CPI a tracé son calendrier. Le 4 octobre 2027, c’est la date limite pour que la RDC dépose son dossier complet. De là, le Rwanda aura alors 14 mois, c’est-à-dire du 4 octobre 2027 au 4 décembre 2028, pour présenter sa défense. Alors qu’au début de l’année 2029, les plaidoiries orales débuteront à La Haye.
L’enjeu de cette procédure est immense pour le Grand Nord. Si la RDC l’emporte, elle n’exige pas seulement des excuses officielles, mais demande que les responsables soient jugés et que des réparations financières soient versées pour reconstruire ce qui a été détruit.
Pendant ce temps Kinshasa souligne que cette démarche ne vise pas à nier le génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda, mais bien à obtenir justice pour les crimes commis sur le sol congolais depuis 1996.
Pour les populations du Grand-Nord, ce calendrier marque le début d’un compte à rebours vers la vérité et la reconnaissance internationale d’un calvaire qui a perduré.
Georges Makeo