Rutshuru : d’autres cultures pérennes frappées par la sécheresse à Kibirizi
Le récent épisode de sécheresse entre la deuxième quinzaine d’aout et la première quinzaine de septembre de l’année en cours a frappé des cultures pérennes à Kibirizi, dans la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru. Du dessèchement de plantes à un faible rendement, la rareté des pluies a touché bananiers et caféiers, impactant ainsi les économies des ménages de petits producteurs agricoles.
Étonnement et désespoir se lisent sur les lèvres des paysans cultivateurs du caféier et du bananier à Kibirizi. Kasereka Kapitula, un petit producteur de café, affirme assister impuissant au dessèchement des caféiers jeunes et vieux faute des pluies.
« D’abord, moi, j’ai des caféiers matures, en suite, je plantais d’autres caféiers. Mais là, rien à faire, ils ont séché. Les caféiers matures ont séché, nous ne savons pas jusqu’où nous irons. Alors je suis étonné. La petite richesse que Dieu m’a donnée, c’est le café. Et maintenant, il se dessèche. C’est pourquoi je suis débordé, je ne sais plus que faire. Et le café que j’ai actuellement, c’est ce qui m’a aidé à construire ma maison. Je pensais que ces jeunes caféiers que j’étais en train de planter pourraient aider mes enfants, mais voilà, ils se dessèchent », relate-t-il.
Il s’ensuit une dépréciation de la qualité du café entraînant des faibles rendements, se plaint Katembo Malinyota Moise, un autre paysan de Kibirizi : » Nous récoltons du café. Ça nous donne l’impression d’avoir une production abondante. Cependant sur la balance au marché, haaa, il perd le poids. Il se pourrait qu’il y ait des flottants qui nous paraissent comme s’il y dedans des grains de café, alors que c’est vide. Quand nous apprécions le poids sur les balances, ce poids est faible comparativement à ce à quoi nous nous attendions. Autre chose, les caféiers que nous avons plantés récemment n’ont pas poussé. Ils se sont desséchés… »
Le bananier n’est pas du reste. La sécheresse menaçait déjà de le faire disparaitre également, s’inquiète Kakule Taholya, un autre paysan cultivateur.
« Les bananiers risquent également de disparaitre. Ils se sont desséchés. Actuellement, nous enterrons les bananes qui s’étaient développées avant quand il y avait un peu de pluies. Mais avec cette sécheresse, la production est faible. Moi, je compte beaucoup sur le bananier, il m’aide à scolariser mes enfants. Certains achèvent leur parcours scolaire grâce au peu que je gagne grâce à la vente de vin de banane, la kasiksi. Il y a peu, on réalisait jusqu’à quinze bidons de vin de banane, mais actuellement, nous ne réalisons plus de cinq ou six. Nous risquons de descendre jusqu’à deux bidons seulement », craint-il.
Il convient de noter que le caféier et le bananier sont des piliers importants de l’économie de plus d’un ménage dans la chefferie de Bwito.
Faustin Tawite