Butembo : l’abbé Rukwata encourage le règlement à l’amiable des conflits pour consolider la cohésion sociale
Le diocèse de Butembo a organisé ce lundi 21 septembre 2026 une journée scientifique au bureau de la commission diocésaine Justice et paix en ville de Butembo. C’était à l’occasion de la journée nationale Justice et paix en RDC. Plusieurs thèmes ont été abordés, dont celui de l’abbé Aurélien Rukwata, qui encourage le règlement à l’amiable des conflits pour consolider la cohésion sociale.
A l’entame, l’abbé Claude Mbokani, chercheur en criminologie, a exposé sur « la dégradation de la situation sécuritaire et perspective du dialogue inclusif ».
Il a montré que la situation sécuritaire en RDC est caractérisée par l’agression du territoire national par les pays voisins, la velléité expansionniste de la coalition AFC/M23, les massacres des civils par les hommes de l’ADF, voire le vol des ressources naturelles.
Pour y faire face, l’abbé Claude Mbokani recommande la cohésion sociale qui permet la tranquillité et la réduction des conflits. Parlant de la refondation de l’État comme objectif ultime du dialogue tant attendu au pays, l’orateur veut qu’il soit inclusif pour réorganiser l’État sur les nouvelles bases taillées aux aspirations des congolais.
« Là où il y a cohésion sociale, il y a égalité et inclusion. Bien sûr, c’est une égalité qu’on appelle en droit une égalité catégorielle. Là où il y a cohésion sociale, il y a aussi solidarité et soutien mutuel. Et donc, c’est l’affaire de tous. Parce que c’est inimaginable aujourd’hui, vous allez dans certaines provinces du même pays, vous y arrivez, vous vous présentez, on commence à vous poser des questions à savoir d’ici jusqu’à chez vous, c’est combien de kilomètres ? On apprend que vous souffrez là-bas alors que c’est dans le même pays. C’est déplorable. La cohésion sociale suppose aussi la participation et l’engagement communautaire. La cohésion sociale nous permet d’éviter ou de prévenir les conflits. La cohésion sociale nous permet aussi de promouvoir l’harmonie. La cohésion sociale facilite un bel environnement de paix et de coopération », a-t-il déclaré.
Pour sa part, l’Abbé Aurélien Rukwata, directeur de la Commission diocésaine justice et Paix (CDJP) a développé la thématique sur le rôle de la résolution extrajudiciaire des conflits dans la construction de la cohésion sociale.
Il a noté que la CDJP a déjà organisé des espaces où les personnes en conflits peuvent se rencontrer, se parler et résoudre leur malentendu, sans qu’elles ne soient forcées. Il a précisé que ces instances s’occupent uniquement des questions civiles dans l’objectif de réconcilier les parties prenantes au conflit. Pour lui, un accord négocié est plus important qu’une décision d’une instance judiciaire.
« Quels sont les avantages et les bénéfices de cette expérience de résolution amiable ? C’est que ce procédure ici préserve, dans une certaine mesure, la relation entre les partis. Le tribunal tranche. Il désigne un gagnant et un perdant. Une médiation, une conciliation, cherche un accord que les deux partis peuvent accepter. Donc sur ce point-là, c’est un avantage. Il y a aussi un autre argument qu’on peut faire gagner ici. Il est d’ordre financier. La médiation coûte moins cher que le tribunal. Troisième avantage, le gain de temps. On peut gagner plus de temps par la médiation que par le tribunal qui connaît beaucoup d’étapes et des fois beaucoup de blocages et qui finissent souvent par énerver », a-t-il conscientisé.
Au cours de cette même journée, d’autres thèmes ont été exposés. C’est notamment « l’idéologie du terrorisme vis-à-vis de la foi » et « le point de vue des fidèles musulmans sur les actions terroristes des ADF ».
Jean-Pierre Kilumbiro