Butembo : la DYFEGGOU met en place un réseau des rescapés des massacres des ADF et de la guerre du M23 

Les rescapés des massacres des rebelles d’Allied democratic forces (ADF) et victimes de la guerre du M23, encadrés par la Dynamique de femmes pour la bonne gouvernance (DYFEGOU), ont désormais leur propre réseau. Il s’agit du Relèvement solidaire pour la paix et la justice (RESOPJ). Les textes statutaires et l’élection des membres du conseil d’administration et du comité de contrôle ont été élus ce mardi 23 septembre 2026.

C’était au cours de la rencontre tenue dans la salle Flambeau de la Cathédrale en ville de Butembo. L’activité entre dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la Paix.

Selon Kahambu Tuombeane Rose, coordonnatrice de la DYFEGOU, l’important pour ces victimes n’est plus le discours sur la paix, mais l’urgence est de les aider à passer de cet état de victime à de véritables acteurs de paix.

C’est dans cette optique que ces hommes et ces femmes qui portent la marque de l’insécurité dans leur corps et dans leur âme doivent se constituer en réseau pour bien mener le plaidoyer. L’objectif est que justice soit rendue un jour à leur faveur et à celle des autres qui ont subi les mêmes violences, a expliqué Rose Tuombeane.

« Ceux-ci ne sont pas des nouvelles ou des nouveaux, car pour nous ce sont des gens que nous encadrons déjà. Parce qu’il y a des gens qui se sont déjà initiés à faire des petits travaux, des petits commerces. Alors nous les avons appelés aujourd’hui, nous voulons, avec eux, avec notre guide, notre accompagnement, qu’ils aient un réseau, un réseau de survivants. Pour nous, DYFEGOU, nous avons toujours eu cette stratégie-là, de plaider, pas pour la victime, mais avec la victime. Aujourd’hui, nous voulons aller maintenant plus loin : responsabiliser ces victimes et, pour qu’elles arrivent vraiment à devenir autonomes. Il faut les réunir en association. C’est ce que nous venons de faire », a-t-elle expliqué. 

En réalité, ces hommes et femmes ont vécu des atrocités, dont les violences sexuelles, l’esclavagisme sexuel, pour ne citer que cela. Tous témoignent avoir reçu du réconfort depuis qu’ils se sont approchés de la DYFEGOU.

« En arrivant à Butembo, nous n’avions aucune connaissance. Nous avons été prises en otage et nous avons honte de nous même et devant les autres. Mais DYFEGOU nous a essuyé les larmes par les conseils, les soins reçus et le travail. Nous avons des enfants qu’on ne supportait pas mais aujourd’hui nous savons les considérer comme nos autres enfants que nous avons eu avant notre enlèvement », a témoigné une rescapée.

Ces victimes bénéficient de la part de la DYFEGOU, de l’accompagnement psychologique, financier et sanitaire pour leur réintégration dans la communauté. Plusieurs sont de femmes qui ont été enlevées par les ADF, violentées et ont des enfants issus de ces actes.  

Stanley Muhindo

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