Butembo : la RMBB appuyée par CORACON anime une tribune citoyenne sur l’importance des actes de l’état civil

Sensibiliser la population à l’importance des actes de l’état civil, tel était l’objectif de la tribune d’expression populaire organisée au quartier Mukuna, dans la commune de Bulengera, en ville commerciale de Butembo, ce mercredi 30 septembre 2026. L’activité s’est tenue à l’initiative de la Radio Moto Butembo-Beni (RMBB), en partenariat avec le Collectif des radios et télévisions communautaires du Nord-Kivu (CORACON), dans le cadre du projet : « Programme médias professionnels pour l’appui à la démocratie ».

Rassemblant une majorité de femmes venues dès 7 heures du matin, la rencontre visait à lever les zones d’ombre sur la déclaration des naissances, des mariages et des décès.

Rappeler les obligations légales

Intervenant à la séance, Jean-Bosco Nzuva Kihanda, préposé au bureau de l’état civil de la mairie de Butembo, a rappelé la gratuité de la déclaration de naissance lorsqu’elle est effectuée dans le délai légal de 90 jours. Une fois ce délai dépassé, la procédure requiert un jugement supplétif payant auprès du Tribunal de paix (TRIPAIX), a-t-il expliqué en précisant les implications pour les trois types d’actes, à savoir de naissance, de mariage et décès. 

“Nous avons réalisé une activité à Mukona pour sensibiliser la population sur l’importance des actes de l’état civil. Nous avons focalisé notre attention sur les actes de naissance, sur les actes de mariage et sur les actes de décès. Considérant les actes de naissance, nous avons signifié aux parents que la déclaration de la naissance de l’enfant est une obligation légale. C’est la loi qui demande aux parents de déclarer l’enfant et le délai prévu dans les textes légaux, c’est 90 jours. Une fois que vous avez dépassé les 90 jours, pour que l’enfant accède à l’acte de naissance, il faudra passer encore au niveau du tribunal de paix. Là vous allez payer des amendes pour avoir le jugement supplétif et revenir au bureau de l’état civil. Là vous aurez maintenant l’acte de naissance. Une fois que vous avez déclaré l’enfant dans le délai, c’est gratuit, c’est sans frais. Pour le mariage, nous avons signifié aux parents que l’importance de déclarer le mariage à l’état civil (…) Concernant les actes de décès, nous avons demandé à la population de chaque fois déclarer les décès. C’est aussi un acte très important, l’acte de décès. Une fois que le défunt avait des biens et que vous voulez procéder à la succession, à ce moment-là ça devient un grand problème si celui qui est décédé n’a pas été déclaré à l’état civil ou si celui qui est resté veut se remarier, s’il n’a pas les actes de l’état civil concernant les décès et l’animation, à ce moment-là, il ne peut pas célébrer ce mariage », a-t-il renchéri. 

La pénurie de registres dénoncée par la société civile 

Également présent, Me Muhindo Wasivinywa, représentant du Réseau pour les droits humains (REDHO), a salué l’initiative tout en pointant du doigt les défaillances de l’État congolais. Il a dénoncé les ruptures récurrentes de stock de registres officiels dans les bureaux d’état civil de Butembo, qui entravent l’enregistrement régulier des citoyens.

“Maintenant, quand on peut faire plus de neuf mois, sans que les actes de naissance soient dans la ville, c’est une irresponsabilité de l’état. Permettez-moi de le dire ainsi. Au niveau de la société civile où certaines organisations qui défendent les droits des enfants ont eu à faire des plaidoyers auprès des autorités provinciales. Nous regrettons comment ces plaidoyers n’ont pas produit. Nous aurions voulu, comme nous l’avons toujours dit, nous, la société civile et les autres partenaires politiques, je pouvais parler des élus du peuple, s’ils pouvaient bousculer un peu, nous pensons que c’est parmi les problèmes, les questions majeures qui pouvaient trouver des solutions le plus tôt possible, puisqu’on s’est dit qu’imprimer des registres qui pourraient contenir des actes de naissance, ça ne peut rien coûter à toute une république qui a tant de moyens. Nous savons qu’il y me des problèmes, mais aussi la question des enfants serait aussi prioritaire. Maintenant, passé tout ce temps-là, ça nous étonne, notre message est que l’état doit faire son travail à en expédier le plus tôt possible ces registres d’actes de naissance dans le Nord-Kivu, puisque ce n’est pas seulement à Butembo, c’est presque dans toute la province du Nord-Kivu. Nous aurions voulu que nos élus nationaux puissent faire une pression aux dirigeants pour que cette question puisse trouver une solution”, a-t-il recommandé. 

Un soulagement pour les participants

L’initiative a reçu un accueil favorable auprès du public présent. Deux participantes ont partagé leur satisfaction à l’issue des échanges :

« (I) Je remercie vivement cette rencontre. Je comprends qu’il y a beaucoup de choses qu’on ne connaissait pas sur les actes de naissance. Mais grâce à cette rencontre, nous comprenons déjà qu’il est plus important d’enregistrer nos enfants au bureau de l’état civil. (II) Je me sens vraiment bien. Car je viens de beaucoup apprendre au sujet de l’importance des documents de l’état civil. J’avais une petite connaissance à ce sujet, mais là, je suis désormais informée sur ce que je dois faire pour enregistrer mes enfants. Certains de mes enfants ont déjà des actes de naissance », ont fait savoir deux femmes à l’issue de la rencontre. 

Pour rappel, la ville commerciale de Butembo comptait 1 243 723 habitants en 2024, selon les chiffres communiqués par le service de l’état civil. La commune de Bulengera arrivant en tête devant Mususa, Kimemi et Vulamba.

Joël Kaseso Machozi 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *