Lubero-centre : un militaire tue un civil puis se suicide, la société civile exige la démilitarisation de la commune
Les activités socio-économiques ont repris au début du soir ce mardi 6 octobre à Lubero-centre, chef-lieu du territoire de Lubero. C’est après une journée sans activités socioéconomiques. Certains habitants ont répondu à l’appel de la société civile qui avait décrété une journée ville-morte au lendemain d’un meurtre-suicide survenu au quartier 30 Juin.
En effet, un militaire a tué par balle un habitant de la cellule Kamusonge avant de se donner la mort, lundi en début de soirée. Ce drame a créé une vive contestation au sein de la population, qui dénonce la montée des cas de meurtres et de fusillades impliquant des militaires, des policiers et des civils au chef-lieu du territoire de Lubero.
Dans l’espace d’un mois, les forces vives dénombrent au moins cinq cas de fusillade avec un bilan de 4 morts. Dans une déclaration sanctionnant la marche pacifique de protestation, la société civile dit ne pas comprendre le silence des autorités territoriales et provinciales face à ses alertes régulières.
La structure citoyenne émet ainsi plusieurs recommandations.
« Les forces vives de Lubero exigent : 1. La prise en charge de toutes les dépenses de funérailles à partir de la signature de ce mémorandum. 2. La réparation des préjudices causés. 3. La prise en charge des dépendants du defunt, dont 7 enfants orphelins et une veuve. 4. La démilitarisation de la commune de Lubero. 5. Le cantonnement de toutes les épouses des militaires hors de la commune de Lubero dans quarante-huit heures, car celles-ci se comportent en électron libres. 6. Un enterrement digne de notre compatriote. 7. Annonçons un dépôt de plainte contre l’État congolais pour meurtres répétitifs par balles en commune de Lubero », a lu Jackson Vahalwire son président.
Au-delà de ces exigences, la marche pacifique a également exigé le départ immédiat des militaires et de leurs dépendants des habitations civiles dans la commune. Pour les manifestants, ce meurtre-suicide survenu lundi serait la conséquence directe d’un conflit de bail entre un propriétaire civil et son locataire militaire.
Entre-temps, au quartier 30 Juin, au niveau de Littéraire, une présumée épouse d’un militaire n’ayant pas digéré ce message a blessé un civil à la tête à l’aide d’une arme blanche. Tout en déplorant cet incident, le président de la société civile de Lubero appelle les bailleurs à ne plus loger des hommes en uniforme ou leurs dépendants afin de prévenir de nouveaux drames.
Contacté par notre rédaction, le commandant du sous-secteur opérationnel de Lubero abonde dans le même sens. Il invite ses éléments à regagner leurs positions opérationnelles et exhorte leurs familles à rester à Beni, où leur prise en charge est mieux assurée.
Justin Kasembo