Nord-Kivu : flambée des prix des vivres, les ménages contraints de changer de régime alimentaire à Goma et Nyiragongo

L’alimentation devient de plus en plus difficile à Goma et dans le territoire voisin de Nyiragongo où les familles traversent une pénurie et une cherté des denrées. Depuis septembre dernier, plusieurs produits agricoles affichent une hausse spectaculaire sur les marchés locaux.

 Les petits commerçants comme les consommateurs doivent affronter cette nouvelle épreuve. Un sac de pommes de terre, vendu récemment entre 120 000 et 140 000 FC, coûte désormais 110 dollars.

Le prix du kilo de haricots, autrefois négocié entre 1 200 et 2 500 FC, s’élève aujourd’hui à 3 000 ou 4 500 FC selon les variétés. Les causes de cette évolution sont multiples, comme en ont témoigné les revendeuses et revendeurs.

« Aujourd’hui, un carton de poissons congelés se vend à 25 dollars, avec 2 500 francs congolais comme taux d’échange. Nous ne savons plus comment tenir face à cette flambée. On dit que c’est la guerre qui en est la cause. À Vitshumbi, pourtant lieu de provenance des poissons, il n’y en arrive plus. Les pommes de terre deviennent inaccessibles. À Masisi, la production a chuté à cause du climat et beaucoup de cultivateurs ont déjà fui. Depuis septembre, une mesure de haricots se négocie entre 3 500 et 3 700 francs congolais pour nous les revendeurs. Mais alors, à quel prix pourrons-nous le proposer aux clients ? », s’interrogent-ils.

Dans les ménages, un nouveau mode alimentaire s’impose progressivement pour contourner cette situation. Beaucoup privilégient ce qui paraît plus abordable, simplement pour calmer la faim.

« Je n’achète plus de haricots. Imaginez une mesure à 4 000 francs congolais. Les légumes deviennent une meilleure alternative. Pour préparer un repas avec pommes de terre et haricots, il faut prévoir près de 20 000 francs congolais. Depuis cette hausse, j’ai arrêté d’en acheter. Je me tourne plutôt vers le petit pois. Avec 2 000 francs congolais, j’obtiens davantage que les haricots », ont expliqué les responsables de familles abordés.

La hausse touche aussi l’ail, 5 kilogrammes sont passés de 10 000 à 30 000 FC. Quant aux oignons, un bassin qui coûtait 50 000 FC se vend désormais à 120 000 FC. Les patates douces et du riz maintiennent leur équilibre et sont devenus plus consommés. Les cossettes de manioc maintiennent légèrement leur prix, un kilogramme vendu entre 1 100 et 1 200 francs congolais.

La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *