Journée « Stop Ebola » au Nord-Kivu : à Butembo, la mobilisation divise entre soutien au gouverneur et coût économique
La journée « Stop Ebola » est différemment commentée par les habitants de Butembo. Les uns critiquent que la présence de la police et des FARDC ne reflète pas une bonne image de confiance que le gouvernement provincial accorde à sa population. Et les autres opinent que la multiplication de journées sans activités a une répercussion sur la vie socio-économique.
C’est ainsi que les habitants de Butembo demandent au gouvernement de Kinshasa de trouver urgemment une voie de sortie de cette crise sanitaire.
« La journée d’aujourd’hui ressemble à une distraction. On ne doit pas combattre Ebola en fermant les portes, mais plutôt en rendant disponibles les médicaments contre Ebola. Il faut respecter les mesures barrières, surtout le lavage des mains, pas arrêter les activités comme ça » (1). « Nous qui sommes journalistes, on ne gagne rien aujourd’hui. C’est au détriment de nous, le bas peuple » (2). « Le gouvernement ne nous aide en rien. Nous sommes des déplacés de guerre et nous ne savons pas quoi manger aujourd’hui » (3). « On était au courant de la journée sans activités, mais la police devrait libérer la route, on peut avoir des gens qui vont visiter les malades. Ce n’est pas une marche, c’est plutôt une journée ville morte, une journée de deuil. On est surpris de voir une forte mobilisation de la police. La population a peur d’accéder au centre-ville » (4). « Il fallait aussi dire que nous pleurons les victimes des massacres, pas seulement la maladie » (5). « Cette journée peut contribuer à éradiquer la maladie, car beaucoup peuvent prendre conscience de l’existence de la maladie » (6). « Personnellement, je félicite le gouverneur qui a compris la situation que traversent ses administrés » (7), ont indiqué tour à tour les habitants de Butembo.
À l’Est du pays, la situation de la population reste critique sur les plans humanitaire et sécuritaire. Outre l’impact de la maladie à virus Ebola, c’est l’installation du camp général du Front pour la Refondantion de la Nation, FRN de Joseph Kabila à Goma qui inquiète une fois de plus la population. Dans les zones de Beni au Nord-Kivu et en Ituri, les ADF avec d’autres groupes armés tuent les civils. Une crise générale qui stresse les Congolais, du moins ceux de l’Est de la RDC.
Georges Lomba