Nord-Kivu : les vainqueurs d’Ebola demandent d’être associés à la lutte contre la maladie
À l’occasion de la Journée « Stop Ebola », observée le 19 octobre 2026, au Nord-Kivu, les vainqueurs de la maladie à virus Ebola appellent les autorités et les partenaires sanitaires à renforcer leur implication dans les campagnes de sensibilisation et les initiatives communautaires. Ils ont émis ce plaidoyer au cours d’un point de presse animé au bureau de la zone de santé de Butembo.
Les vainqueurs de la maladie à virus Ebola au Nord-Kivu souhaitent être davantage associés aux stratégies de prévention et de lutte contre cette maladie. Dans une déclaration adressée au gouverneur de province et partagée à la presse, ces anciens malades plaident pour une reconnaissance accrue de leur expérience et une participation effective aux activités de mobilisation communautaire.
Au cours du point de presse, le docteur Raymond Kamwanga, point focal des vainqueurs de la maladie à virus Ebola à Beni, a indiqué que la démarche s’inscrit dans le cadre de la Journée « Stop Ebola », organisée le lundi 19 octobre 2026 au Nord-Kivu. Selon lui, les vainqueurs d’Ebola s’interrogent notamment sur la faible visibilité, selon eux, des personnes ayant survécu à la maladie dans les initiatives de sensibilisation. Ils estiment que leur vécu constitue un atout important pour informer les communautés, déconstruire les rumeurs et combattre la stigmatisation dont peuvent être victimes les anciens malades.
Pour ces survivants, leur contribution ne devrait pas se limiter à leur statut de personnes ayant vaincu Ebola. Ils souhaitent être écoutés, associés aux décisions et impliqués dans les actions qui concernent directement leurs communautés. Ils proposent ainsi une participation accrue aux campagnes médiatiques, aux conférences, aux émissions radiophoniques, aux activités communautaires ainsi qu’aux programmes d’accompagnement psychosocial.
Selon les signataires, cette implication pourrait contribuer à renforcer la confiance entre les populations et les équipes de riposte, tout en favorisant une meilleure adhésion aux mesures de prévention. Leur expérience personnelle pourrait également servir à sensibiliser les habitants sur la maladie et à encourager les personnes concernées à rechercher une prise en charge appropriée.
Les vainqueurs d’Ebola précisent toutefois que leur démarche ne vise pas à opposer les anciens malades aux acteurs de la riposte. Ils souhaitent plutôt que leur expérience soit reconnue comme une ressource complémentaire dans la lutte contre la maladie.
Patrick Kalungwana