Butembo-Lubero: le parlement d’enfants souhaite une stabilité sociale et sécuritaire en 2023
Une illustration des écoliers déplacés de guerre qui ont reçu des fournitures scolaires de la part du Parlement d'enfants de Butembo-Lubero, ce mercredi 12 octobre 2022. Ph. Evariste Kasereka
Le Parlement d’Enfants (PARDE) de Butembo-Lubero souhaite un 2023 de stabilité sociale et sécuritaire. C’est l’esprit de son rapport annuel de 2022, publié le samedi 31 décembre 2022. Dans ce document, il peint un tableau sombre de la situation de l’enfant dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Cette structure dénonce ainsi le manque d’accompagnement, d’encadrement et d’assistance aux enfants durant l’année 2022.Cette situation a eu plusieurs conséquences qui sont citées dans cette publication, notamment la mort par noyade de deux enfants garçons jumeaux de 8 ans dans la rivière Mususa, la mort par pendaison de trois enfants respectivement de 10, 12 et 13 ans.
Le parlement d’enfants cite aussi le meurtre de trois autres de 7 ans et 15 ans par les militaires des Forces armées de la République Démocratique du Congo.
La structure a aussi cité l’enlèvement de 7 nourrissons dans la prison centrale de Kakwangura puis l’enlèvement d’une fille de 7 ans à Butembo. Elle se désole qu’au cours de l’année 2022, 4 cas de viol sur mineures par les militaires ont été enregistrés.
Le Parlement d’Enfants ne passe pas sous silence les conditions inhumaines dans lesquelles vivent 38 enfants pygmées, orphelins puis déplacés de guerre à Butembo. Dans le cadre de l’éducation, les conséquences sont tout aussi néfastes.
Le PARDE parle de l’incendie de 3 salles de classe et de tout son matériel à l’école primaire Kinyambuli par des inconnus, le sabotage de 6 établissements scolaires et la perturbation des cours durant 60 jours environs.
Des troubles semées par les agents sécuritaires et les jeunes manifestants. La structure de défense des droits des enfants évoque également l’insuffisance de places dans les écoles publiques pour recevoir les enfants en âge scolaire.
« Aujourd’hui, nombreux enfants n’accèdent pas à l’éducation », lit-on dans ce document.
Le Parlement d’enfants demande alors au gouvernement et aux autorités, sur tous les domaines, d’attirer leur attention sur l’encadrement des plus jeunes. Ce, tout en insistant sur le besoin de renforcement de la protection de l’enfant en ville de Butembo et en territoire de Lubero.
Esther Vwiravwahali