Lubero – Zone de Santé de Biena : Les malades en détresse face à la grève sèche des Infirmiers exigeant la sécurité
Photo d’illustration. Il s’agit d’un patient marchant à l'intérieur de l'hôpital général de référence de Mweso, dans le Nord-Kivu, soutenu par les équipes de MSF. Tirée sur le site de Médecins sans frontières.
La crise sanitaire s’aggrave dans la Zone de Santé de Biena et environs, en Territoire de Lubero, suite à la grève sèche décrétée par les infirmiers depuis le mercredi 19 novembre. Cette cessation de travail, appelée par l’UNIIC (Union des Infirmiers et Infirmières du Congo), plonge les malades dans une détresse absolue. En attendant les solutions durables, les structures de la zone de santé de Biena appellent les patients à s’orienter dans les zones sécurisées.
Radio Moto Butembo-Beni a pu faire le constat le samedi 22 novembre. En effet, les structures sanitaires et formations médicales de Biena sont paralysées. Des patients venus pour des soins curatifs urgents, ainsi que des femmes pour des activités de CPN (Consultation Prénatale), se sont heurtés à des portes closes.
L’abandon des malades est d’autant plus critique qu’il touche les plus vulnérables : femmes enceintes, accouchées et nouveau-nés. Des patients, ne sachant plus « à quel Saint se vouer », ont exprimé leur désarroi. Ils condamnent fermement la précarité sécuritaire totale qui force les soignants à l’exode et à l’abandon des lits d’hôpitaux.
« Les soignants ne sont pas là. Je viens donc de rentrer. C’est vraiment un problème sanitaire sérieux. On accouche aujourd’hui et on est déchargée le même jour … En quittant l’hôpital, j’ai juste rencontré la sentinelle. Je lui ai demandé la fiche, elle n’en a pas … », se lamente cette femme rencontrée sur le chemin de retour d’une structure sanitaire.
Cette autre poursuit : « Je venais à la CPN, mais toutes les portes sont fermées. Tu vois maintenant, nous qui avons souvent des complications durant nos grossesses, qu’est-ce que nous allons faire ? ».
« La santé n’est pas bonne. On m’avait prescrit les médicaments, mais là ça ne marche pas, je pensais qu’on changerait le traitement… Mais voilà que les portes sont fermées », s’inquiète cet homme, visiblement du troisième âge.
Se confiant à RMBB ce lundi, la société civile de Itendi, une localité du groupement Manzia, chefferie des Baswagha, lance un SOS au gouvernement congolais à répondre le plus tôt possible aux desideratas des infirmiers. Son président Makelele Vulizu note que la santé et la sécurité sont les secrets de la vie.
« Que le gouvernement puisse nous aider pour que partout où se trouvent les hôpitaux, à Biambwe, Itendi et ailleurs, la paix soit restaurée », plaide-t-il.
Solution à court terme
En attendant les solutions durables, les membres des structures de la zone de santé de Biena appellent les patients à s’orienter dans les zones sécurisées. L’infirmier titulaire du centre de santé de référence de Masoy, par exemple, insiste la sécurité qui offrira l’opportunité de se faire soigner. Il appelle les patients à ne pas se fier à l’automédication.
« Chacun doit évaluer sa situation. Vous n’avez pas besoin d’aller sillonner ces structures fermées, puisqu’elles sont en fait fermées. Orientez-vous vers les structures et zones supposées sécurisées », oriente Tsongo Mughumalewa.
Ce prestataire de santé dans la zone de santé de Biena réitère, au nom de ses collègues, la bonne volonté d’aider les malades. En attendant, le gouvernement doit pacifier les milieux de soins visés par l’ennemi de la paix.
A part le centre de santé de référence de Biambwe, d’autres structures sont également entrées en grève. Cette grogne est la réponse directe à un acte de sabotage commis par les rebelles présumés de l’ADF contre le Centre de Santé de Référence de Byambwe. Cet acte a causé des dégâts collatéraux majeurs et a rappelé aux prestataires de soins qu’ils sont des cibles. Les grévistes de l’UNIIC réclament donc, non pas une hausse de salaire, mais des mesures de sécurité totales et immédiates en faveur du personnel soignant et des patients.
James Lusenge & Dany Mweusi