À Oicha, la société civile expose à Aimé Boji les failles sécuritaires dans la traque des ADF
À Oicha, la coordination territoriale de la société civile de Beni a exposé au président de l’Assemblée nationale les failles sécuritaires observées dans la traque contre les ADF. Dans un mémorandum remis à Aimé Boji Sangara, le vendredi 20 février, elle évoque des cas de négligence et même de possibles complicités au sein de certains services de sécurité. Face à cette situation, les forces vives formulent une série de recommandations pour mettre fin à l’activisme des ADF.
C’est avec des mots clairs et directs que la société civile, coordination territoriale de Beni, a présenté les défis sécuritaires de la région au président de l’Assemblée nationale.
Devant Aimé Boji Sangara, les forces vives ont détaillé ce qu’elles considèrent comme les principales failles dans la guerre contre les ADF, malgré les opérations militaires conjointes en cours. Elles déplorent notamment une coordination jugée insuffisante entre les forces engagées sur le terrain.
Selon la société civile, les FARDC auraient tendance à laisser une grande part de responsabilité à l’armée ougandaise dans les opérations conjointes. Richard Kirimba est premier vice-président de cette structure.
« Sur le terrain, la population a comme impression que dans les opérations conjointes Congolo-Ougandaises, les FARDC ont tendance à laisser beaucoup de responsabilités à l’UPDF, ce qui n’est pas stratégique vu l’histoire des conflits entre ces deux pays. Des fois, il y a mauvaise coordination des relèves des troupes, laissant des couloirs aux rebelles pour attaquer des villages à ce moment-là. L’absence des drones, d’hélicoptères de combat et autres matériels actualisés rend difficile la tâche aux FARDC alors que les ADF ont déjà un système renforcé de renseignement, en s’infiltrant même dans la population civile. Un doute pèse aussi sur certains agents des services de sécurité dans le cadre soit de la naïveté de certains officiers de l’armée, soit de leur complicité », a-t-il démontré.
Face à cette situation, la société civile formule une série de recommandations pour contrer les attaques des ADF dans la région.
« Au regard de tout ce qui précède, la société civile forces vives du territoire de Beni recommande ce qui suit : D’accorder une attention particulière à la guerre contre les ADF, en renforçant les capacités de renseignement militaires avec des drones de précision et des équipements navals, aériens et terrestres adaptés au mode terroriste des assaillants. De mettre en place un mécanisme d’enquête et de sanction contre tout commandant dont la zone de contrôle est attaquée par les ADF alors que cela pouvait être évité si les alertes de la population étaient prises en compte. De définir la stratégie de consolider la sécurité dans les zones ou agglomérations acquises et très habitées par la population », a restitué Richard Kirimba.
Il convient de noter que les composantes de la société civile du territoire de Beni ont été reçues par le président de l’Assemblée nationale vendredi, après le meeting populaire qu’il a tenu au rond-point central d’Oicha.
Samy Kitha