L’UNPC/Nord-Kivu aux autorités : ‘‘Nous demandons que les armes se taisent’’
« Nous demandons que les armes se taisent ». C’est ainsi que l’Union nationale de la presse Congolaise (UNPC), section du Nord-Kivu, interpelle les autorités de l’Etat sur la persistance de l’insécurité dans la province.
Sa présidente s’est ainsi exprimée au cours d’une interview accordée à la presse de Goma, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, ce vendredi 3 mai 2024.
Rosalie Zawadi démontre ainsi comment la multiplicité des armés ne permet pas aux journalistes de bien exercer leur travail.
« Nous demandons que les armes se taisent. Cette multiplicité des armes au Nord-Kivu, dans la ville de Goma et les territoires, fait à ce que les journalistes n’ont plus leurs voix. Et lorsqu’ils doivent parler, ils parlent en basse voix et non comme ils devraient le faire », a-t-elle démontré.
À Goma, où elle s’est exprimée, plus de 80 journalistes déplacés de guerre endurent des conditions de vie difficiles. Près de deux ans après leur déplacement suite à l’activisme du M23, ils se sont déjà réunis au sein de la Synergie des journalistes déplacés (SJD). Cette association a pour mission de canaliser les plaidoyers des journalistes auprès des autorités et autres acteurs humanitaires.
Certains journalistes disent être exposés aux diverses pressions et actes de censures, aux arrestations arbitraires et aux menaces dans leurs milieux respectives, occupés par les rebelles du M23. Certains journalistes déplacés vivant en ville de Goma l’ont dit à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai de chaque année.
« Nous vivons dans des conditions extrêmement difficiles. Nous sommes dans des familles d’accueil qui peuvent vous accueillir pendant un moment, et après, il faut chercher à faire une résilience », a fait remarquer l’un d’eux.
Cette journée est célébrée sous le thème local « Silence aux armes, voix aux journalistes, soutenez la presse au Nord-Kivu ». Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la 26ᵉ session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991. Ce fut également une réponse à l’appel de journalistes africains qui, en 1991, ont proclamé la Déclaration de Windhoek sur le pluralisme et l’indépendance des médias.
Aline Kataliko