Nord-Kivu : plusieurs habitants perdent leurs parcelles suite à l’élargissement de l’axe Butembo-Beni à Kabasha 

Des nombreux habitants ont perdu leurs parcelles de part et d’autre de la route Butembo-Beni, au niveau de Kabasha. Ce, suite à l’élargissement de cet axe long de plus ou moins 55 kilomètres. La société civile plaide pour la remise de ces habitants dans leurs droits. 

C’est depuis maintenant plusieurs mois que des engins de génie civil sont déployés et les cantonniers, affectés sur cet axe pour élargir le tronçon. Les autorités provinciales placent les travaux y relatifs dans l’objectif de faciliter sur cette route mettant la liaison entre les villes de Butembo et Beni, actuel chef-lieu de la province du Nord-Kivu. 

Au niveau de Kabasha, cependant, plusieurs habitants ont perdu soit leurs maisons, soit plus de la moitié de leurs parcelles suite aux travaux intenses déjà en cours. Ils pointent le gouvernement provincial et l’entreprise Dott service, qui exécute les travaux, d’être à la base de leur calvaire. 

Nombreux, dont les parcelles conservent encore la moitié ou le quart, endurent également d’énormes difficultés liées à la canalisation des eaux.

“Nous venons de devenir des déplacés suite à l’élargissement de la route. Nous n’avons plus de parcelles. Pourtant, la route appartient à nous tous. Mais on est en train de nous les ravir par l’élargissement. Nous souffrons vraiment”, s’est plaint une femme victime. 

La société civile trouve légitime la réhabilitation des routes, mais insiste que les victimes de la bonne œuvre soient remis dans leurs droits. Le défenseur des droits humains Kate Mandolani soutient son point de vue par l’article 34 de la constitution de la RDC, qui souligne que l’expropriation d’une propriété acquise selon la loi et la coutume doit être précédée d’une indemnité.

“Les riverains de la route dorment à la belle étoile. Ils n’ont pas là où dormir. Le gouvernement qui a mis en place ce projet a promis de les indemniser. Mais jusque-là, rien n’est fait. Qu’il les indemnise afin de permettre à ce qu’ils trouvent où dormir. Et cela dans un plus bref délai”, a-t-il plaidé. 

L’échange que nous avons eu avec le chef de localité Kabasha, Kambale Buluma, n’a apporté aucune piste de sortie du calvaire des habitants.  

Avec Elisée Kamundu

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