Beni : à Malio, des habitants recadrent le chef du groupement sur l’éventuelle destruction des champs de thé 

Après que le chef de groupement Malio a dénoncé la destruction des champs de thé dans la partie villageoise du Complexe théicole de Butuhe (CTB) en faveur d’autres cultures maraichères, les cultivateurs de la place estiment que Mwami Kasereka Musangania Bwanandeke III s’est perdu de vue. 

Les paysans cités déclarent qu’ils ne font que remplacer la culture du thé par d’autres, la première n’étant plus rentable, ces jours-ci. Une délégation de ces cultivateurs s’est confiée à RADIOMOTO.NET, ce dimanche 24 mai 2026 pour ainsi réagir à la déclaration du Mwami de Malio du 18 mai 2026.

Les localités dans lesquelles les habitants remplacent la culture du thé par d’autres sont Kyondo-Kitumbu, Kisesa-Ndondi, Pindi-Lime, Mambingi-Vulindi, pour ne citer que celles-là. La délégation des notables de ces villages, que RADIOMOTO.NET a abordée, dit avoir été surprise d’apprendre que le Mwami de Malio interdit les nouvelles activités champêtres sur place. 

Kakule Mbayahi Justin, qui conduisait la délégation, a indiqué que les habitants n’exploitent que autrement leurs propres champs. Il a expliqué que le Mwami n’a pas bien restitué à la communauté les recommandations de la dernière réunion communautaire qui avait étudié les enjeux de ce virement agricole.

“J’étais dans cette réunion. Et cette réunion se concluait pendant que les chefs terriens et les notables affirmaient leur attachement à l’exploitation de leurs champs, dans lesquels l’État leur avait recommandé de planter du thé dans l’objectif d’avoir la matière première. Aujourd’hui, le thé ne s’achète plus. La concession est devenue broussailleuse, source d’insécurité, les femmes y sont violées, des motos sont extorquées dans cette brousse. Maintenant, la population trouve qu’il est temps de se débarrasser de ces champs de thé qui ne sont plus soignés comme convenu au passé”, a-t-il précisé. 

Pour ce membre de l’équipe des Notables de Malio, les paysans qui changent de culture sont à la recherche des sources de revenu pour la survie de leurs familles. Et c’est normal, du fait de la faillite du TCB depuis plusieurs années.

“Imaginez-vous : vous avez planté du thé dans votre propre champ. Lorsque vous voulez remplacer cette culture par une autre, quelqu’un arrive vous gêner ? Vous avez planté du thé dans l’objectif qu’il soit acheté. Mais ce n’est plus le cas. Alors, vous changez de culture, faut-il que quelqu’un arrive vous gêner ? Ils ont le bloc industriel, mais personne n’y a jamais fait une pression. D’ailleurs, ce bloc industriel est aussi destiné à notre développement, c’est pour la communauté et non pour un individu”, a ajouté Kakule Mbayahi Justin.

Ce notable appelle le Mwami à être du côté de la population, à alléger la souffrance de celle-ci et à privilégier le développement. À la population, il recommande de ne pas se livrer à la manipulation, mais de lutter pour sa survie qui, actuellement, n’est pas boostée par les produits des champs.

La Rédaction

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