Butembo : le docteur Kasusula Bienvenu démontre le rapport entre la médecine traditionnelle et celle moderne

La structuration et l’assainissement du secteur de la médecine traditionnelle reste d’une extrême urgence à Butembo et environs pour prévenir des cas de mort subite. C’est ce qu’a montré le docteur Muhindo Kasusula Bienvenu aux participants à une conférence scientifique, le samedi dans la salle S1 de l’ITAV/Butembo.

L’activité a été organisée par le regroupement « Inter-science » de l’Université catholique du Graben (UCG) à l’intention des étudiants en médecine et d’autres intellectuels de Butembo.

En exposant le sujet intitulé « Rapport entre médecine traditionnelle et médecine moderne », le docteur Muhindo Kasusula Bienvenu a montré aux participants les raisons pour lesquelles la médecine moderne semble gagner de la confiance des patients que celle dite traditionnelle.

Pour ce soignant, les tradi-praticiens ne donneraient pas confiance puisqu’ils travaillent sous certaines irrégularités qu’il faut vite pallier.

Il a dénoncé l’influence médiatique de leurs services et produits, leur optimisme à guérir le malade, même quand ils n’en ont pas compétence, l’absence de références écrites lors du diagnostic, la sous-estimation du danger des complications chroniques des malades.

« Parfois, ils n’ont pas été à l’école. Parfois, ils y ont été mais ils n’ont pas fait des sciences proches de la médecine. Donc, ils doivent d’abord maîtrisés l’organisme, le fonctionnement, les parties et tout ce qu’il y a comme mécanisme d’action pour lutter contre le désordre métabolique dans l’organisme. Menant c’est au-delà de cela qu’ils doivent apprendre comment soigner moyennant les plantes médicinales. Si on veut bien soigner, il faut savoir comment ça se passe et menant vous venez apporter votre spécificité », a démontré le docteur Muhindo Kasusula Bienvenu.

Les participants à cette conférence et ses organisateurs sont unanimes sur certaines propositions à appliquer pour permettre le bon service aux tradi-praticiens. Ils leur recommandent de travailler sans profiter de l’ignorance de leurs patients.

Des participants à la conférence sur le rapport entre la médecine traditionnelle et moderne

« D’ailleurs, c’est à défaut que nous les appelons médecins. Ce sont des tradi-praticiens. Nous trouvons qu’ils vendent, peut-être, une image non optimiste d’eux mêmes au risque de garer beaucoup de nos frères, beaucoup de nos sœurs. Alors, nous nous sommes dits, une confrontation entre les tradi-praticiens et ceux qui sont des pleins pieds dans la médecine moderne, serait intéressante pour que les participants à la conférence ou ceux qui vont suivre le feedback de la conférence puissent être éclairés surtout qu’ils soient informés et instruits », a estimé, pour sa part, Delphin Mbuyiro, un étudiant du niveau doctorant.

Notons que le point focal des tradi-praticiens au Grand Nord-Kivu a pris part à cette conférence. Il a acquiescé plusieurs recommandations. Il promet de militer pour un laboratoire homologué des tradi-praticiens, la mise en place d’un cadre juridique de ces soignants, initier une école d’apprentissage de la médecine traditionnelle pour avoir une même compétence.

Patrick Kalungwana

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