Nord-Kivu : enceinte, une ex-otage raconte le calvaire vécu avec les kidnappeurs à Masisi

Kyakwaki Mbuta (Nom d’emprunt, ndlr), jadis portée disparue par des inconnus à Sake dans le Masisi (Nord-Kivu), est réapparue dans la cité, mardi 15 mars 2022.

Se confiant à la presse, Kyakwaki Mbuta femme enceinte de son état, raconte que c’est autour de 22 heures de lundi 14 mars 2022 que ses ravisseurs l’ont abandonné dans une ferme à Kobe, après qu’ils aient reçu une rançon de 300 dollars, versés par sa famille.

Depuis 20 heures du jeudi 10 mars dernier, jour de son Kidnapping, cette femme est restée les yeux bandés et n’a pas su identifier le lieu où elle a passé tout ce temps entre les mains de ses bourreaux.

« Les ravisseurs m’avaient rencontrée à la maison autour de 19 heures. Ils m’avaient demandée où était mon mari. Leur répondant que mon mari était déjà parti au boulot, c’est là qu’ils m’avaient entraînée avec eux… Ils m’avaient séparé de mon nourrisson, et l’ont laissé à la merci de toutes les intempéries », témoigne-t-elle.

Et d’ajouter « Ils m’avaient ligoté, ils m’avaient bandé les yeux, ils m’avaient introduite dans 2 sacs et puis m’ont jetée dans un trou profond. Je tentais en vain, de leur demander pardon, vu que j’étais enceinte, mais ils ne voulaient impitoyablement pas m’écouter.  Toutes les fois qu’ils communiquaient avec ma famille, ils me demandaient de dormir par mon dos contre terre. Ils me parlaient en Kinyarwanda et toutes les occasions que je ne parvenais pas à leur répondre correctement faute de maîtrise de la langue, ils me tabassaient violemment ».

Traumatisée et fatiguée pour avoir marché toute la nuit « sous la douleur de la grossesse », la victime a été dépêchée dans une structure médicale pour les soins d’urgence.

Vendredi 7 janvier 2022, trois humanitaires de l’organisation CONCERN, avaient été kidnappés à Luhonga, village situé à une trentaine de Kilomètres entre Kitshanga et Sake, sur la route Goma-Sake-Kitshanga; toujours en territoire de Masisi. En ville de Goma, par contre, le tout dernier cas de kidnapping remonte à la semaine dernière, où un enfant d’environ 8 ans a été pris en otage avant d’être libéré quelques jours plus tard.

Ces nouvelles font fleurir la colère de la LUCHA, qui accuse AIRTEL d’être toujours complice avec les Kidnappeurs. Elles ne font ainsi qu’envenimer la situation de tension qui règne déjà depuis un temps entre ce mouvement citoyen et la maison de télécommunications AIRTEL.

John Tsongo

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