RDC : « A Kinshasa, on se querelle autour du partage de profits alors que le pays brûle à l’Est » (Cardinal Ambongo)

« A Kinshasa, on se querelle autour du partage de profits alors que le pays brûle à l’Est ». C’est la désolation de l’archevêque de Kinshasa qui s’est confié à la presse de la Radio Vatican, mardi 13 décembre dernier. Au cours d’une interview de 11 minutes, le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu s’est désolé qu’il y a, dans l’Est de la RDC, des groupes très sanguinaires sous l’œil impuissant des autorités.

Ce prélat Catholique fait ainsi allusion aux terroristes de l’ADF dans le diocèse de Butembo-Beni et au M23 dans le diocèse de Goma.

« Nous avons reçu il y a quelques jours la nouvelle du massacre de Kishishe. Certains parlent de 300 morts, c’est inacceptable ! », tonne le Cardinal Ambongo.

C’est là qu’il dénonce une quelconque complicité de la communauté internationale dans ce qui se passe dans l’Est de la République démocratique du Congo.

« En tant que pasteurs du Congo vivant aux côtés de notre peuple, nous avons fait le triste constat que la communauté internationale est complice dans ce qui s’est passé à l’Est, pour la simple raison que tout le monde sait ce qui se passe. Mais on fait semblant de ne pas voir. La réalité est là pour nous en tant que pasteur. C’est vraiment triste pour un peuple qui souffre. Nous avons même l’impression que toute la communauté internationale représentée par la Monusco au Congo, est impuissante devant la force de M23 soutenue par le Rwanda. C’est incroyable, inimaginable ! », dénonce-t-il.

Le Pasteur de l’Eglise de Kinshasa rappelle que l’épiscopat congolais a toujours joué un rôle prophétique en République Démocratique du Congo.

« Le risque de balkanisation de notre pays a toujours été un thème pour les évêques du Congo quand ils se réunissent », explique-t-il.

C’est ainsi qu’il alerte sur le danger qui guette la République démocratique du Congo.

« Nous croyons que la nation congolaise est en danger et nous avons l’impression que du côté du Congo, on ne prend pas suffisamment la mesure de ce danger qui pointe à l’horizon. Moi, je suis archevêque de Kinshasa, je vis à Kinshasa, et je n’ai parfois pas l’impression que les tenants du pouvoir se préoccupent davantage de ce qui se passe à l’Est. On se querelle autour de questions secondaires, autour du partage du pouvoir, du partage de profits alors que le pays brûle à l’Est… J’ai même l’impression que certains de nos compatriotes jouent le jeu de l’ennemi et à la fin, c’est le petit peuple qui paie le prix le plus cher, comme maintenant à Kishishe », renchéri-t-il.

Le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu fait remarquer que le grand problème du Congo, c’est l’homme congolais. Pour lui, si le Congo est malade aujourd’hui, c’est parce que l’homme congolais a perdu le sens des valeurs. Il se désole qu’il y a eu comme un renversement de valeurs.

Ce prélat Catholique note que tout le monde court derrière le pouvoir, surtout le pouvoir politique qui est devenu l’unique métier que tout le monde désire. A lui de conclure qu’au Congo, tout le monde veut faire de la politique.

« Ainsi, seulement la politique compte », a-t-il lancé.

L’espoir du Cardinal Fridolin est que les élections se passent dans de meilleures conditions en 2023, de telle sorte que le meilleur candidat élu par le peuple soit proclamé et qu’il puisse présider à la destinée de la République démocratique du Congo.

Visesa Louangel

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