Nord-Kivu : plus 60 personnes assimilées aux miliciens, interpellées à Butembo
Des présumés criminels interpellés après une perquisition menée par l'armée en ville commerciale de Butembo, le vendredi 06 janvier 2023. Ph. Esther Vyiravwahali
Plus de soixante personnes ont été interpellées dans la ville commerciale de Butembo, le matin de ce vendredi 06 janvier 2023. C’était au cours d’une opération de perquisition militaire et policière effectuée dans les cellules Vulindi, Rwamiso, Mihake et Kiriva.
Ces personnes ont été présentées avec certains biens militaires et des gris-gris à la presse bubolaise au camp militaire de Mihake. Parmi ces présumés Maï-Maï, on compte 49 hommes, 12 femmes et 7 enfants.
Il a été découvert dans leurs maisons 2 armes AK 47, une lance-roquette, 2 motos Haojin, une tenue et une paire de chaussures de la police mais aussi un béret militaire. Il y’a aussi des lances, couteaux, machettes et d’autres gris-gris.
Au cours de cette opération de bouclage, un civil a été tué. Ce dernier voulait ravir une arme à un militaire qui lui a vite criblé des balles. Certaines de ces personnes plaident non coupables depuis leur interpellation. C’est l’exemple de Madame Kahindo Gloria. Celle-ci a été arrêtée avec Jonas, son concubin. Gloria ne savait pas que son compagnon était Maï-Maï.
« J’ai deux enfants avec lui. Il ne me dit rien quand il sort de la maison. Je ne savais pas qu’il était Maï-Maï. Il me dit souvent qu’il est constructeur de maisons. Ses amis viennent seulement le récupérer à la maison. Et ils partent sans rien dire. Mon mari me donne de l’argent pour la ration, mais je suis sous informée du reste. Il sort d’habitude à 18h pour revenir à 20h », a-t-elle témoigné.
Kavira Nyumu est une habitante en cellule Kiriva. Cette dernière a été arrêtée après qu’une arme, une tenue de la Police et des chaussures ont été découvertes dans la chambre de son fils qui avait déjà pris fuite.
« C’est vrai ce qui se raconte partout. Un enfant peut garder des choses à la maison sans que nous parents, soyons au courant. Mon fils pouvait quand-même me dire qu’il garde une arme ! C’est clair qu’il aime l’armée. Alors moi et vous devons le chercher. J’ai été étonné de voir les militaires trouver des telles choses dans ma maison. Mon fils est diplômé en électricité », a-t-elle regretté.
Dans une interview avec la presse, le maire de Butembo a expliqué que ces personnes seront auditionnées pour l’identification des innocents et coupables. Entre-temps, Mowa Baeki Telly Roger a salué la contribution de la population dans cette opération.
L’autorité urbaine a appelé au calme et à la non frustration face à la présence des camps militaires partout dans la ville.
« N’eut été le concours de la population, on ne pouvait pas arriver à ce coup de filet. Ceux qui ne sont impliqués seront relâchés. Mais les malfaiteurs seront déférés devant les Cours et Tribunaux. Si on ne se reproche de rien, on n’a pas à se plaindre d’une position quelconque (…) », a-t-il démontré.
Il convient de préciser par ailleurs que ces personnes ont été conduites au camp militaire de Rughenda pour la poursuite de leur dossier.
Esther Vwiravwahali