Beni : des préfets monnayent jusqu’à 30$ la passation du stage pour des élèves au centre scolaire de Mangina
Vue d'une école située à Mayimoya, dans l'Est de la République démocratique du Congo, confronté aux violences meurtrières causées par des ADF. Dans cette école, les inscriptions peinent à démarrer, constate notre correspondant dans la région, ce jeudi 25 août 2022. © Richard Makulumbe
15 à 30 dollars américains est le montant que certains chefs d’établissement du centre scolaire de Mangina dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), ont perçu auprès des élèves des humanités pour qu’ils aient droit de passer le stage lié au domaine de formation de chacun d’eux. La dénonciation est du Parlement des jeunes de la place, ce samedi 7 janvier 2023.
Les jeunes qualifient cette perception d’illicite puis demandent aux préfets des études qui se sont déjà illustrés dans cette magouille de virer le montant au compte des frais scolaires de l’élève stagiaire ou carrément le restituer aux parents d’élèves. Ce, sous peine d’être poursuivi en justice par cette structure juvénile.
« Nous avons réalisé que certains chefs d’établissement au secondaire, pour que leurs élèves aient accès au stage, ils ont été sommés de payer de montants allant de 15 à 30$. Un agissement qui va à l’encontre d’une note circulaire émise par le ministère. En notre qualité de parlementaire de jeunes, nous demandons à ces préfets bien identifiés de bien virer ces frais au compte des frais scolaires, ou carrément restituer cet argent à chacun des parents. Nous avons déjà réuni tous les éléments de preuve. En cas de non flexibilité de ces chefs d’établissement, nous nous saisissons le droit de saisir la hiérarchie à tous les niveaux », a insisté Nicaise Kasereka Kiyora, président du Parlement des jeunes de Mangina.
Contacté, un des chefs d’établissements scolaires d’une école secondaire de Mangina n’a pas voulu commenter cette dénonciation de la structure juvénile. Préférant s’exprimer hors micro et sous anonymat, ce préfet d’études indique que l’instruction du ministre national de l’Enseignement primaire, secondaire et techniques (EPST) leur autorise de percevoir des frais techniques.
Cette somme est supposée, à l’en croire, d’accompagner les élèves à faire connaissance des matériels techniques sur terrain lors des travaux pratiques.
Il convient de rappeler par ailleurs c’est depuis le lundi 02 janvier dernier, que les élèves de 1ere à 3eme des humanités des filières techniques passent leur stage de deux semaines dans différentes agglomérations du Grand Nord-Kivu.
Jonas Aristote