Butembo-Beni : Mgr Sikuli inquiet de la cruauté entre « communautés » et rappelle que le seul ennemi est l’envahisseur du Congo
L’évêque du diocèse de Butembo-Beni se dit inquiet de voir les frères et sœurs d’une même communauté s’entretuer. C’est ainsi que Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech rappelle que l’ennemi commun reste les étrangers qui n’ont pour objectif que d’envahir le sol congolais.
Selon l’ordinaire du lieu, au cours de la messe d’ordination presbytérale et diaconale jeudi dernier à Kitatumba, s’enrôler dans les groupes armés locaux pour s’entretuer est une honte pour la communauté, pourtant réputée pour sa vocation dans le sacerdoce.
L’évêque de Butembo-Beni insiste que personne de l’extérieur ne peut venir pallier les problèmes locaux.
Le pasteur de l’église de Butembo-Beni faisait ainsi allusion à la situation sécuritaire très précaire à Kasinga, Munoli, Makoko, Muhangi, Mabambi et Kalunguta où le sang ne fait que couler suite aux combats entre différents groupes armés locaux.
Monseigneur Sikuli invite ainsi tous les membres de la communauté « Nande » ayant leurs enfants dans les groupes armés à les sensibiliser pour qu’ils les abandonnent en vue de participer au processus paix.
« Plusieurs groupes armés dans lesquels nous trouvons des Kambale, Paluku, Kasereka, Kavugho, Kaswera, sont disséminés dans plusieurs endroits. Et si par exemple c’est Kambale qui est venu de Muhangi pour égorger les gens à Kasinga, tel autre viendra de Kalunguta pour égorger les gens à Mabambi. Donc, il n’y a personne qui peut vous emmenez la paix venant de l’extérieur. Si vous ne commencez pas par vous-même pour vérifier les causes et racines qui sont à la base de ces tueries entre frères et qui sont à la base de la division de nos familles, on n’aboutira pas à la solution. Pour vous qui avez des enfants qui sont dans les groupes armés, dites-le de cesser avec les divisions qui sont sources de conflits entre nous », a exhorté l’Ordinaire du lieu.
C’est depuis maintenant plusieurs semaines que les affrontements entre des groupes armés locaux sont signalés dans plusieurs coins du territoire de Lubero. Plusieurs habitants ont déjà vidé leurs foyers en direction de Butembo au dans d’autres zones supposées sécurisées.
Léonce Muliwavyo