Butembo : une messe dite en paroisse de Lyambo à l’occasion de 25 ans d’anniversaire du massacre de Kikyo
Le 25ième anniversaire des massacres de Kikyo en ville de Butembo (Nord-Kivu) a vécu ce vendredi 14 avril 2023. Une messe a été dite à l’occasion en paroisse Saint sacrement de Lyambo, en mémoire des victimes de ces massacres.
Les survivants des massacres, les familles des victimes et les autres personnes ont pris part à cette messe.
Dans son homélie, le père Jean Marie Wayivuta a appelé tous les participants à cette célébration eucharistique à continuer de prier pour le repos des âmes des ces victimes qui sont morts dans la cruauté. Ce serviteur de Dieu les a ensuite exhortés à pardonner les personnes qui ont commis ces actes inhumains.
Se confiant à la presse au sortir de la messe, Kavira Kinogho, une survivante de ces massacres, s’est rappelé que son père est mort enterré vivant dans ces massacres.
« Mon père a été tué dans le massacre de Kikyo. Ce jour-là nous étions à la maison, et les soldats AFDL sont venus. Ils ont pris mon père par force en le tirant par sa chemise. Ces méchants ont poussé mon père et les autres personnes dans un trou. C’est comme ça qu’ils ont enterré mon père et les autres vivants (…) », s’est-elle souvenue.
En rappel, les massacres de Kikyo datent du 14 Avril 1998, lors des affrontements entre miliciens et soldats de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), qui en sont présumés auteurs. Ces soldats campaient, à l’époque, sur la colline Kikyo, située au nord de Butembo dans la commune Bulengera. Ils assimilaient des habitants à des miliciens.
Ainsi les visaient-ils jusqu’à enterrer certains vivants. A partir de ce jour, les responsables militaires à l’époque avaient ordonné, par la RTNC locale, que les habitants restent terrés dans leurs maisons pendant 4 jours.
Outre ces massacres, plusieurs autres violations des droits humains avaient été commises par des soldats présumés de l’AFDL. Des centaines de personnes en avaient été victimes. Elles restent privées de la Justice jusqu’à ces jours.
Rosette Kamukehere